GE durcit sa cure d'austérité après une stagnation des revenus trimestriels

New York - General Electric (GE), en pleine restructuration, va durcir sa cure d'austérité pour améliorer sa rentabilité, au moment où la pression s'intensifie sur le PDG Jeff Immelt, après une stagnation des revenus au premier trimestre.

Le conglomérat industriel américain va faire des économies de 2 milliards de dollars en 2017 et 2018, a indiqué vendredi M. Immelt, soit le double de ce qui avait été annoncé en janvier.

M. Immelt, dont l'avenir à la tête de GE fait l'objet de spéculations à Wall Street, ne détaille pas les mesures d'austérité qui seront prises ni si celles-ci vont se traduire par des suppressions d'emplois.

"GE poursuit sa transformation et continue d'investir dans les innovations", explique laconiquement le dirigeant, sous la pression depuis plusieurs mois de l'investisseur et actionnaire activiste américain Nelson Peltz, mécontent des performances financières du groupe. M. Peltz, via son fonds d'investissement Trian Partners, est célèbre pour des bras de fer avec les directions des entreprises dans lesquelles il prend des participations.

Comme une partie de la communauté financière, le financier doute que GE puisse atteindre son objectif de 2 dollars de bénéfice par action ajusté à l'horizon 2018, croit savoir la presse américaine. Ce bénéfice était de 1,49 dollar en 2016.

- Hausse des commandes -

Si GE est repassé dans le vert au premier trimestre, avec un bénéfice net de 619 millions de dollars, contre une perte de 61 millions au premier trimestre 2016 marqué par de lourdes charges dues à des cessions d'actifs.

Le chiffre d'affaires trimestriel a stagné à 27,66 milliards de dollars (-0,66% sur un an) même s'il est supérieur aux 26,41 milliards escomptés par les marchés.

L'activité reste plombée par les opérations du groupe de Boston (nord-est) dans les ressources naturelles, notamment la division pétrole et gaz, qui développe des équipements destinés au forage de puits pétroliers, à la prospection et la production d'hydrocarbures et à la construction de plateformes.

Les revenus trimestriels de cette division ont reculé de 9,45% à 3 milliards de dollars, de sorte qu'elle ne représente plus qu'un peu moins de 11% du chiffre d'affaires contre 12% il y a un an.

Pour arrêter l'hémorragie, GE est en train de finaliser la fusion de cette activité avec celle de son compatriote Baker Hughes afin de créer un géant mondial du secteur pesant 32 milliards de dollars de chiffre d'affaires. M. Immelt a promis que la transaction sera finalisée en milieu d'année.

La nouvelle entité sera en meilleure position dans ses négociations commerciales avec les groupes pétroliers, qui font pression sur leurs sous-traitants afin d'obtenir de forts rabais, et pourrait ainsi bénéficier d'un rebond des prix du brut.

M. Immelt a fait le pari de recentrer GE sur ses racines industrielles (fabrication des turbines à gaz, centrales électriques, moteurs d'avions, équipements médicaux) et de céder la plupart des actifs financiers et ceux jugés peu rentables tel l'électroménager.

Hormis le pétrole et le gaz, ce pari semble tenu dans les autres secteurs: les recettes dans l'aéronautique ont augmenté de 3%, de 17% dans les turbines à gaz et centrales électriques et de 22% dans les énergies renouvelables.

Cette croissance s'est traduite par une hausse de 2,6% du carnet de commandes à 324,3 milliards de dollars (+2,6%) et de 9,4% des ordres de commandes aux alentours de 25,7 milliards au 31 mars.

Dans l'ensemble, le cofabricant, avec le français Safran, du moteur d'avion de nouvelle génération Leap ne semble toutefois pas profiter pleinement de la robustesse de la croissance américaine malgré la large palette de ses activités à l'inverse de son rival Honeywell.

Ce dernier, qui fabrique des moteurs d'avions entre autres pour le canadien Bombardier, a enregistré un bénéfice net de 1,33 milliard de dollars au premier trimestre, le double de GE, pour un chiffre d'affaires stable à 9,49 milliards. Il a en outre relevé légèrement ses prévisions annuelles.

lo/jld/jpr

HONEYWELL INTERNATIONAL

SAFRAN

LEAP WIRELESS INTERNATIONAL

GENERAL ELECTRIC

BAKER HUGHES

BOMBARDIER


(©AFP / 21 avril 2017 14h58)
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