GE veut supprimer 1400 emplois en Argovie d'ici deux ans

(synthèse)

Baden (awp/ats) - General Electric (GE) accélère sa restructuration. Le géant industriel américain, qui a déjà annoncé l'été dernier vouloir biffer 900 postes sur les sites argoviens de GE Power, va en supprimer 1400 de plus d'ici deux ans sur les quelque 4500 que compte l'unité active notamment dans la production de turbines à gaz et à vapeur.

Les activités de GE Power demeurent confrontées à un environnement difficile, écrit jeudi GE, dont le siège helvétique est établi à Baden (AG). Des difficultés que le géant américain explique par l'importance accrue des énergies renouvelables et de l'efficience énergétique, la pression sur les prix de l'électricité ainsi qu'une vive concurrence.

la demande de nouvelles centrales thermiques a chuté de manière spectaculaire dans tous les pays riches. Aucun nouveau projet de centrale électrique n'a été lancé en Allemagne ces dernières années, a remarqué le géant dirigé depuis août dernier par John Flannery, qui a succédé à Jeff Immelt, et sous pression du fonds activiste Trian Fund Management du milliardaire Nelson Peltz.

Contacté par l'ats, un porte-parole de GE a précisé que la restructuration concerne les sites de Baden, Birr et Oberentfelden. Selon Unia, GE Power, unité qui comprend les activités dans le domaine de l'énergie reprises fin 2015 au français Alstom, supprimera 1100 postes au siège de Baden, 250 à Birr et 50 à Oberentfelden.

SITES CONSERVÉS

GE, qui dit regretter les suppressions de postes, précise qu'aucun site ne sera fermé. Le groupe entend proposer un plan social aux collaborateurs visés. A l'image des précédentes restructurations, l'entreprise entend tout mettre en oeuvre afin de réduire autant que possible l'impact des nouvelles mesures.

Consterné par la restructuration, le gouvernement argovien a déploré des mesures drastiques. Ses efforts ont en revanche permis de maintenir les sites de Birr et d'Oberentfelden, alors qu'ils devaient être fermés, a-t-il affirmé. Le Conseil d'Etat s'attend à un plan social généreux, selon les propres indications du groupe américain.

Syna a pour sa part appelé GE à renoncer complètement à cette restructuration radicale, qui ne répond à aucune obligation économique. Les intérêts des employés doivent primer sur les profits à court terme des actionnaires de GE, tonne le syndicat.

Dénonçant aussi "l'appât du gain", Unia a mis en exergue les graves erreurs de gestion du groupe. Sa direction "veut faire payer les pots cassés à ses employés avec un projet inabouti et sans logique industrielle".

RESPONSABILITÉ POLITIQUE

Unia demande au Conseil fédéral d'assumer ses responsabilités, alors que ce dernier n'est pas intervenu dans le cadre de la reprise des activités d'Alstom par GE. Le syndicat rappelle que la France, qui n'est pas touchée par la nouvelle restructuration, a contraint GE à créer 1000 emplois supplémentaires.

Alors qu'une importante restructuration se précisait à la fin de l'été, le gouvernement argovien et le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann ont pris des contacts avec la direction de l'entreprise. Mi-octobre, le Bernois, à la tête d'une délégation suisse, s'est rendu à Atlanta, siège de GE Power aux Etats-Unis.

Johann Schneider-Ammann et Valentin Vogt, président de l'Union patronale suisse, y ont rencontré le directeur de cette unité, Russell Stokes, et son équipe. A cette occasion, un groupe de travail formé de représentants du canton et de la Confédération a été constitué pour tenter de limiter l'ampleur de la coupe qui s'annonçait.

RÉDUCTIONS DE COÛTS ET CESSIONS

Au total, la nouvelle coupe dans le pôle énergie touche 12'000 postes dans le monde, soit 18% de l'effectif de GE Power. Avec les mesures annoncées cette année, elle devrait permettre à l'unité de réduire ses coûts structurels d'un milliard de dollars (980 millions de francs) en 2018.

En Allemagne, GE entend biffer 1600 emplois à Mannheim, Stuttgart, Berlin, Moenchengladbach et Cassel. Le mois dernier, le groupe avait levé le voile sur cette nouvelle restructuration visant à son recentrage sur l'aéronautique, la santé et l'énergie. L'opération doit aussi s'accompagner de cessions dans les transports, entre autres, pour 20 milliards de dollars.

GE n'avait alors pas caché que GE Power allait au-devant d'une profonde refonte pour se remettre du retournement des marchés de l'énergie et s'adapter à leur mutation. Pour mémoire, le géant américain, qui employait fin 2016 pas moins de 295'000 collaborateurs dans le monde, avait annoncé en janvier 2016 une première réorganisation après l'acquisition du pôle énergie d'Alstom.

Le redimensionnement devait alors entraîner la suppression de 1300 emplois sur les sites argoviens de GE Power. A l'issue de la procédure de consultation, GE a fait savoir en juin qu'il biffera finalement 900 postes. Dans la foulée, le groupe a annoncé un mois plus en supprimer 99 dans l'unité Hydro Solutions, laquelle développe et produit des équipements pour les centrales à accumulation par pompage.

ats/buc

(AWP / 07.12.2017 15h45)
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