Gabon: la police disperse une marche de partisans de l'opposant Jean Ping

Libreville - La police gabonaise a dispersé samedi à Libreville une marche de partisans de l'opposant Jean Ping qui venait d'appeler à la "confrontation" avec le régime du président Ali Bongo Ondimba, actuellement en convalescence au Maroc, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des dizaines de policiers anti-émeutes ont utilisé du gaz lacrymogène pour disperser environ 500 personnes qui venaient d'assister à l'un des rares meeting de Jean Ping depuis sa défaite à la présidentielle de 2016 face à Ali Bongo Ondimba, qu'il ne reconnaît pas.

La police a également procédé à quelques arrestations.

"Quand la concertation est bloquée, il ne reste plus que la confrontation. Nous y sommes", a déclaré lors de son meeting M. Ping qui se proclame toujours "président élu" du Gabon.

La marche des partisans de M. Ping, improvisée après le meeting et à laquelle il a participé, était la première manifestation de relative importance depuis l'absence le 24 octobre du président Ali Bongo qui a été victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) alors qu'il se trouvait en Arabie saoudite.

"C'est le début d'une série d'actions d'envergure qui continuera à partir de lundi et amènera Jean Ping à la prise de pouvoir", selon Clay Martial Obame, porte-parole de la Coalition pour la nouvelle république (CNR), le parti de Jean Ping.

Après plus d'un mois d'hospitalisation à Ryad, il a été transféré à Rabat où il poursuit sa convalescence et sa rééducation.

En dépit de l'absence du chef de l'Etat, l'opposition gabonaise divisée n'est pas parvenue à tirer profit de la situation et à mobiliser ses partisans. Plusieurs petits rassemblements, interdits par le pouvoir, avaient également été dispersés.

(©AFP / 15 décembre 2018 20h41)