Gaza: Navi Pillay accuse Israël de défier délibérément le droit international

Genève - La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a accusé jeudi Israël de défier délibérément le droit international dans sa guerre contre le Hamas palestinien à Gaza.

Lors de sa dernière conférence de presse à Genève avant la fin de son mandat de six ans, Mme Pillay a condamné les attaques menées par l'armée israélienne à Gaza contre des maisons, des écoles, des hôpitaux et des centres de l'ONU.

Aucune d'entre elles ne semble être accidentelle. Elles semblent être un acte de défi délibéré vis-à-vis des obligations résultant du droit international que doit respecter Israël, a-t-elle dit.

Il est absolument incontestable que les principes de proportionnalité et de précaution ont été ignorés par Israël, a déclaré Navi Pillay.

Nous ne pouvons pas tolérer cette impunité, a-t-elle ajouté.

L'ex-juge sud-africaine a par ailleurs relevé que les deux parties commettent de graves violations des droits de l'Homme, qui pourraient constituer des crimes au regard du droit international humanitaire et des droits de l'Homme.

Le 23 juillet, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a lancé, suite à une demande de la Palestine, une commission internationale d'enquête sur les violations qui auraient été commises dans le cadre de l'offensive israélienne à Gaza. Les membres de cette commission doivent désormais être nommés par le président du Conseil, le Gabonais Baudelaire Ndong Ella.

Lors des débats au Conseil, la semaine dernière, Mme Pillay avait déjà dénoncé les possibles crimes de guerre commis par Israël à Gaza, ainsi que les attaques aveugles menées par le Hamas contre des zones civiles.

Jeudi, les bombardements ont repris à Gaza, coûtant la vie à une dizaine de personnes et portant à environ 1.370 le nombre de Palestiniens tués, en grande majorité des civils dont plus de 245 enfants selon l'Unicef, en 24 jours de conflit, ont indiqué les secours locaux.

Avec 56 morts, l'armée israélienne déplore de son côté son bilan le plus lourd depuis la guerre contre le Hezbollah au Liban en 2006.

Mercredi, dans la minuscule enclave palestinienne où les civils ne sont nulle part à l'abri, près de 120 Palestiniens ont perdu la vie, lors de l'une des journées les plus meurtrières d'un conflit entamé le 8 juillet, marquée par deux bains de sang.

Seize Palestiniens ont été tués quand deux obus israéliens ont frappé de plein fouet une école de l'ONU du camp de réfugiés de Jabaliya (nord) où s'étaient abrités environ 3.000 Gazaouis qui avaient fui les combats.

L'agence onusienne pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a clairement accusé l'armée israélienne d'être responsable du drame de son école de Jabaliya, déplorant la mort d'enfants tués alors qu'ils dormaient à côté de leurs parents sur le sol d'une salle de classe.

L'armée israélienne a émis l'hypothèse de tirs du Hamas et répété son accusation selon laquelle le mouvement palestinien se servirait des civils comme boucliers humains.

(©AFP / 31 juillet 2014 12h15)
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