Gaza: Poutine appelle à "renoncer à la violence", lors d'un appel avec Erdogan

Moscou - Le président russe Vladimir Poutine a appelé mercredi à "renoncer à la violence" à Gaza, au surlendemain de la mort dans des tirs israéliens de près de 60 manifestants palestiniens, que Moscou a jugé "blasphématoire" de comparer à des "terroristes".

Lors d'un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, M. Poutine "a souligné l'importance de renoncer à la violence et la nécessité d'établir un processus de négociation efficace", a-t-il dit, sans préciser à qui s'adressait sa recommandation, selon un communiqué du Kremlin.

Les deux dirigeants "ont exprimé leur grave préoccupation concernant la mort d'un grand nombre de participants" aux protestations lundi contre le transfert de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem, a ajouté le communiqué.

De son côté, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré "ne pas être d'accord avec le fait que des dizaines de civils pacifiques, notamment des enfants, y compris des nourrissons, qui ont été tués lors de ces incidents, soient des terroristes".

"C'est une déclaration blasphématoire, destinée à éviter une discussion sérieuse sur les problèmes déchirant la région du Moyen-Orient", a-t-il dénoncé, lors d'une conférence de presse avec son homologue équatorienne Maria Fernanda Espinoza.

Mardi, l'ambassadrice d'Israël auprès de la Belgique, Simona Frankel, avait déclaré que les victimes à Gaza étaient "des terroristes", assurant que la réaction de l'armée israélienne n'avait pas été disproportionnée.

Les forces israéliennes ont tué lundi près de 60 manifestants palestiniens, et blessé 2.500 autres, le long de la frontière de Gaza. Ces protestations sont intervenues le jour de l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade des Etats-Unis en Israël.

Israël a justifié l'usage de la force contre les manifestants palestiniens par la nécessité de défendre ses frontières, que les manifestants tentaient de forcer.

Jugeant la situation à Gaza "profondément inquiétante", M. Lavrov a accusé des "groupes extrémistes" de vouloir "radicaliser la situation", notamment en "utilisant des civils lors de manifestations qui risquent de toute évidence de se transformer en affrontements".

M. Lavrov a également appelé à un "dialogue direct entre les dirigeants d'Israël et de la Palestine" sur le statut de Jérusalem. "Nous sommes prêts à apporter toute l'aide nécessaire pour (créer) un tel dialogue", a-t-il ajouté.


(©AFP / 16 mai 2018 16h54)
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