General Electric: 2.500 manifestants européens à Paris contre la restructuration

Paris - En colère ! , 108 ans d'histoire industrielle à la poubelle, arrêtez le massacre des emplois !: au moins 2.500 salariés de General Electric (GE) ont manifesté bruyamment vendredi à Paris dans le cadre d'une journée d'action européenne contre le plan de restructuration du conglomérat américain, prévoyant 6.500 suppressions d'emplois en Europe.

Rassemblés sur le parvis de la Défense, à deux pas de la grande arche, ils étaient 700 venus d'Allemagne, et des centaines de France, d'Espagne, d'Italie, de Belgique et de Pologne, nombreux du pôle énergie d'Alstom racheté il y a quatre mois par le géant américain, a constaté une journaliste de l'AFP.

Cette journée d'action était coordonnée par les organisations affiliées à la fédération internationale de syndicats industriALL Europe, qui l'a qualifiée de succès et a promis de continuer le combat partout en Europe.

Pendant près de deux heures, les manifestants ont partagé leur colère au milieu de nombreux drapeaux des syndicats CGT, FO ou du syndicat allemand IG-Metall.

Au son des sifflets, klaxons et crécelles, ils brandissaient des banderoles sur lesquelles on lisait: arrêtez le massacre des emplois, 108 ans d'histoire industrielle à la poubelle, ou en anglais #EUActionDay_GE General Electric: Keep your word, stop job cuts! (tenez votre promesse, arrêtez les licenciements).

GE n'a jamais vu ce type de manifestation. En l'absence d'investissement, tous les sites sont menacés. Tous ceux qui sont là, c'est pour dire non au plan de restructuration, oui à un plan d'investissement pour l'avenir. La convergence est forte, a déclaré Laurent Santoire, de la CGT.

Les questions sociales, ils s'en fichent. Ils ont de gros salaires, ils détruisent nos emplois. Nous allons continuer notre combat européen, ensemble et solidairement, pour nos familles, nos foyers, notre pouvoir d'achat. Nous ne céderons pas, a averti Wolfgang Lemb, d'IG-Metall Francfort.

Nous sommes venus d'Espagne à 25 mais il y a des actions à Madrid, Barcelone, Buñuel (nord), a expliqué David Madueño, tandis que Christoph, la cinquantaine, venu de Mannheim où 80% des 1.066 emplois sont en jeu, a dénoncé la casse sociale et dit espérer que cette journée d'action européenne portera ses fruits en faveur d'un vrai plan d'investissement.

- Solidarité -

Une délégation du siège de Belfort, non menacé par les suppressions de postes mais touché depuis quatre jours par un mouvement de grève selon la CGT, était présente par solidarité.

Outre la manifestation sur le parvis de la Défense, des actions de protestation (grèves, débrayages, ndlr) se déroulaient simultanément dans plus de 40 sites en Allemagne, France, Espagne, Autriche, Belgique, République tchèque, Suède et Suisse, selon industriALL.

Une délégation a été reçue en milieu d'après-midi par un groupe de DRH, dont le président GE Europe chargé de l'intégration, Mark Hutchinson, au siège mondial de Grid (secteur réseaux électrique) à la Défense.

Nous leur avons fait part de nos revendications: pas de licenciements, un plan stratégique industriel pour l'avenir, et la prise de responsabilité de tous les acteurs pour l'énergie européenne du futur, a lancé Luc Triangle, secrétaire général adjoint d'industriAll. En attendant les réponses, le combat continue !, a-t-il ajouté, sous les applaudissements.

Les activités ex-Alstom ont un problème de compétitivité. Il faut la restaurer, a expliqué sur place à l'AFP Nicolas Jacqmin, DRH France de GE. Notre marché s'est déplacé vers l'Asie et nous devons nous adapter afin de prendre des parts de marché. Les décisions sont douloureuses mais nécessaires, a-t-il ajouté, assurant que les engagements de GE de créer à terme 1.000 emplois en France seraient tenus.

Cadre ingénieure à Massy, où 50% des postes sont menacés, comme à Levallois, Marlène, 43 ans, a affirmé redouter ce qui suivra cette première étape (et) qui va toucher encore plus fort l'Europe et la France dans quelques années.

GE a annoncé en janvier des coupes claires dans les activités énergétiques rachetées au français Alstom: 6.500 emplois sur 35.000 ex-Alstom dont 1.700 postes en Allemagne, 1.300 en Suisse, 765 en France, et environ 500 au Royaume-Uni comme en Espagne.

ls/jg/cel/gib

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(©AFP / 08 avril 2016 19h08)
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