Georg Fischer vend deux fonderies allemandes à ses cadres

(synthèse)

Zurich (awp) - Georg Fischer recentre sa division GF Casting Solutions sur la production de composants en métaux légers. A cet effet, le groupe industriel schaffhousois a cédé avec effet au 1er décembre ses deux fonderies allemandes de métaux ferreux de Singen et Mettmann à leurs cadres. La transaction, dont le montant n'est pas dévoilé, n'a pas d'impact sur la rentabilité.

Consécutive à la tendance à la production accrue de véhicules plus légers, la mesure s'inscrit aussi dans le cadre de la stratégie 2020, dont l'un des objectifs consiste à dégager une marge opérationnelle avant intérêts et impôts (Ebit) entre 9 et 10%, écrit jeudi le groupe établi à Schaffhouse. Jusqu'alors, l'entreprise active également dans les systèmes de tuyauterie et les machines outils tablait sur une marge Ebit entre 8 et 9%.

En réaction aux rapides changements de la demande de l'industrie automobile pour des composants en aluminium et magnésium, Georg Fischer (GF) veut renforcer son activité dans ce secteur, en particulier aux Etats-Unis, en Roumanie et en Chine. En parallèle, et consécutivement à l'acquisition en avril dernier de la société tessinoise Precicast Industrial, le groupe du nord de la Suisse veut aussi investir dans le domaine prometteur des composants en alliages haute performance ou superalliages pour l'industrie aéronautique ainsi que les turbines à gaz.

Les deux fonderies de Singen, non loin de la frontière suisse et Mettmann, près de Düsseldorf, sont reprises par la société Fondium B.V. & Co. KG, laquelle a été fondée par trois cadres de GF Casting Solutions. Dans une phase transitoire, Georg Fischer conservera une participation de 20% dans Fondium. Le groupe entend aussi garder en son sein les trois autres fonderies de métaux ferreux à Herzogenbau, en Autriche, à Leipzig, en Allemagne et en Chine, a précisé le directeur général de GF, Yves Serra, lors d'une conférence téléphonique.

En Chine, la demande de composants à base de fonte reste importante et la croissance devrait se poursuivre, a expliqué le Français. Le potentiel de développement des deux autres sites en Allemagne et en Autriche est également intéressant, ces unités étant spécialisées dans les pièces lourdes destinées notamment aux tracteurs.

15% du chiffre d'affaires du groupe

Les deux unité vendues emploient quelque 2000 salariés et réalisent un chiffre d'affaires de près de 620 millions de francs, soit 15% du total du groupe de Schaffhouse. Forts de plus de 40 ans d'expérience dans la branche, les trois propriétaires de Fondium, Achim Schneider, Arnd Potthoff et Matthias Blumentrath, se sont engagés à poursuivre l'exploitation des deux fonderies allemandes sur leurs sites respectifs.

Dans le cadre de la transaction, les repreneurs se sont vus accorder un prêt de Georg Fischer, a détaillé M. Serra, sans toutefois souhaiter en indiquer le montant. L'opération, qui constitue la meilleure option pour les usines de Mettmann et Singen, assure également la continuité des affaires pour leurs clients, un gage de sécurité pour ces derniers.

Compte tenu du désinvestissement, la part au total du chiffre d'affaires du groupe de la division GF Casting Solutions - laquelle portait le nom de GF Automotive jusqu'en début d'année - devrait se réduire de 10 points de pourcentage à 27%. Celle des deux autres unités de GF, à savoir GF Piping Systems (systèmes de tuyauterie) et GF Machining Solutions (machines-outils) devrait passer à 46 et 27% respectivement.

Au sein de la division GF Casting Solutions, la part des revenus dégagés dans les alliages ferreux destinés aux secteurs automobile et industriel devrait se réduire de pas moins de moitié à 25%, alors que celle des alliages en métaux légers devrait grimper à plus de 60%. Le recentrage de ces affaires permet aussi à GF de réduire sa dépendance à l'industrie automobile à 20% des ventes du groupe contre un tiers jusqu'alors, ainsi qu'à l'Europe.

Titre en net repli

La part des ventes réalisées sur le vieux continent, se réduira de 8 points de pourcentage et passera ainsi à 46%, au-dessous de la moitié du chiffre d'affaires total.

Le désinvestissement, salué par les analystes comme une importante optimisation du portefeuille automobile du groupe, n'a guère suscité l'enthousiasme des investisseurs dans un marché orienté en nette baisse. Vers 12h40, l'action Georg Fischer lâchait 1,1% à 785,50 francs, alors que dans le même temps l'indice élargi Swiss Performance Index (SPI) chutait de son côté de 1,9% à quelque 10'247 points.

Pour mémoire, Georg Fischer a dégagé au premier semestre 2018 un bénéfice net après minoritaires de 150 millions de francs, 27% de plus qu'un an auparavant. La marge Ebit s'est inscrite à 8,7% et le chiffre d'affaires du groupe à 2,4 milliards, en hausse de 20% sur un an.

vj/ol

(AWP / 06.12.2018 13h10)
News les plus lues