"Gilets jaunes": toujours des blocages, vers un retour à la normale dans les stations

Réapprovisionnement d'une station-service à Clécy (Calvados), le 5 décembre 2018 / © AFP / CHARLY TRIBALLEAU
Au lendemain des annonces du gouvernement, des "gilets jaunes" ont poursuivi mercredi leurs actions, en ciblant des dépôts pétroliers, routes et zones commerciales, mais un retour à la normale dans les stations-service en pénurie de carburants est prévu dans les 48 heures.

Moins de dépôts pétroliers bloqués

Vers 17 heures, il ne restait plus qu'un seul dépôt pétrolier bloqué en France, celui du Mans, selon l'Union française des industries pétrolières. L'organisation note "une tendance à l'apaisement", qui pourrait permettre un retour à la normale dans les stations-service en moyenne dans les 48 prochaines heures, mais le réapprovisionnement pourrait varier selon les stations.

Aucun camion-citerne ne pouvait quitter mercredi le dépôt pétrolier du Mans, bloqué depuis dimanche soir. Des "gilets jaunes", d'une "quinzaine à 200" selon les heures, se "relaient" sur le barrage, a indiqué à l'AFP un employé de l'entreprise.

Parmi les dépôt bloqués mercredi: celui de La Mède (Bouches-du-Rhône), touché par un mouvement social depuis fin novembre, tout comme celui de Grand-Puits (Seine-et-Marne). En revanche, les entrepreneurs indépendants de travaux publics ont cessé leur action devant les dépôts pétroliers de Lorient (Morbihan) et Brest (Finistère).

En Loire-Atlantique, des barrages filtrants persistent près de la raffinerie Total de Donges et du port de Saint-Nazaire, selon la préfecture.

La France compte environ 200 dépôts pétroliers, dont 50 majeurs selon Total.

Stations-service à sec

A la suite de ces blocages, des pénuries de carburants affectent toujours certaines régions, principalement la Bretagne, la Normandie, les Pays de la Loire et le sud-est (Gard, Var, Hérault, Alpes-Maritimes).

Selon l'application Essence&co, qui fonctionne à partir des contributions d'automobilistes, plus de 600 stations étaient touchées en milieu de matinée, dont 250 en rupture totale.

Une dizaine de stations sont à sec ou en difficulté autour de Lyon, en raison d'"une surconsommation ponctuelle", a indiqué la préfecture. De même, sur les 130 stations-service du Calvados, une dizaine n'ont plus du tout de carburant, principalement pour les mêmes raisons.

"Halte aux approvisionnements de précaution!", a aussi averti la préfecture de la Sarthe dans un communiqué, appelant les automobilistes au "civisme".

Mais après le déblocage du dépôt de Lorient, "la situation va se résorber progressivement", a assuré la préfecture du Morbihan, alors que le Finistère mettait fin aux restrictions d'achat de carburant mises en place mardi.

En Seine maritime, le nombre de stations en rupture était aussi en diminution.

Routes et zones commerciales toujours affectées

Le mouvement des "gilets jaunes" / © AFP / Marie ALBERT
Sur le réseau autoroutier, les manifestations entraînaient toujours de "fortes perturbations localement", selon Vinci.

L'opérateur a fait état de plusieurs manifestations et barrages, notamment sur l'A9 dans l'Hérault, au niveau des péages de Frontignan, Saint-Jean-de-Védas ou Lunel, sur l'A54 dans le Gard, sur l'A50 aux péages de la Ciotat (Bouches-du-Rhône) ou Bandol (Var).

A Narbonne, des "gilets jaunes" affichaient leur détermination, à continuer, comme Fabienne, 46 ans, qui qualifie les mesures annoncées par le gouvernement de "poudre aux yeux".

Plusieurs entrées de l'A7 étaient aussi inaccessibles dans le Vaucluse, notamment à Orange ou Bollène.

Des manifestants étaient rassemblés autour des accès menant à une vingtaine d'autoroutes, menant parfois des opérations de filtrage.

Dans le Tarn et en Dordogne, des entreprises de BTP se sont jointes aux "gilets jaunes" pour protester contre la fin programmée du gazole non routier (GNR), qui les mettrait en péril.

Un peu partout en France, des manifestants occupaient des ronds-points et des zones commerciales.

Appels à manifester samedi

Sur les réseaux sociaux, les manifestants de nombreuses régions ont appelé à se mobiliser une nouvelle fois ce samedi, certains cherchant une convergence avec des collectifs et associations à l'initiative de marches pour le climat prévues dans quelque 120 villes de France.

"Nous, on ne montera pas à Paris. On a un mouvement à Magny, qui reste conséquent", assure Pierre-Gaël Laveder, 43 ans, l'un des communicants désignés par un groupe de "gilets jaunes" présents sur l'échangeur de Magny (Saône-et-Loire).

Par ailleurs, des dizaines de lycées restaient bloqués mercredi, en particulier dans les académies de Marseille, Créteil ou Lyon. Un lycéen a été blessé à Orléans par un tir de lanceur de balle de défense.

En dehors des "gilets jaunes", des manifestations d'agriculteurs sont à prévoir la semaine prochaine à l'appel de la FNSEA, alors que la CGT et FO ont appelé les routiers à la grève à partir de dimanche.

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(©AFP / (05 décembre 2018 18h41)


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