"Grande inquiétude" de Berlin envers la loi sur les ONG en Hongrie

Berlin - L'Allemagne a exprimé sa "grande inquiétude" mercredi après l'adoption par la Hongrie d'une loi renforçant le contrôle sur les ONG bénéficiant de fonds étrangers et a appelé Budapest à respecter les principes démocratiques de l'UE.

"La Hongrie rejoint ainsi une série de pays comme la Russie, la Chine, Israël qui considèrent que le financement étranger d'ONG (...) est un acte hostile ou du moins inamical", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer.

"La liberté, la démocratie, l'Etat de droit et les droits de l'homme ne peuvent être remis en question en Europe. Ces valeurs sont les fondements de l'Union européenne", a-t-il ajouté.

La nouvelle loi adoptée mardi et portée par le Premier ministre souverainiste Viktor Orban oblige les ONG bénéficiant annuellement de plus de 24.000 euros de fonds étrangers à fournir une liste de leurs principaux soutiens financiers étrangers et à s'enregistrer comme "organisation bénéficiant de financements étrangers".

L'objectif du texte est selon le gouvernement d'améliorer la "transparence" et de lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Amnesty International s'est pour sa part inquiété de la similitude entre la nouvelle législation et celle adoptée en 2012 en Russie et obligeant les ONG à s'identifier comme "agents étrangers".

Avec ce texte, M. Orban viserait plus particulièrement le financier américain George Soros qui finance un archipel d'ONG destinées à promouvoir une "société ouverte", principalement dans les anciens pays communistes européens, notamment en Hongrie.

Il ne s'agit pas du seul dossier sur lequel Berlin et Budapest croisent le fer. L'Allemagne reproche à la Hongrie en particulier de refuser d'accueillir son quota de réfugiés.

La Commission européenne a d'ailleurs annoncé mardi qu'elle allait lancer des procédures légales contre la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, pour leur refus catégorique d'accueillir des demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce.


(©AFP / 14 juin 2017 13h58)
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