Grèce : Tsipras annonce un référendum pour le dimanche 5 juillet

Athènes - Le Premier ministre Alexis Tsipras a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi la tenue d'un référendum en Grèce sur le texte qui pourrait résulter samedi de l'Eurogroupe prévu à Bruxelles entre Athènes et ses créanciers.

Le peuple doit décider hors de tout chantage (...), le référendum aura lieu le 5 juillet, a déclaré le Premier ministre dans une allocution télévisée diffusée vers 01H00 locale (22H00 GMT) sur les chaînes de télévision grecques, à la veille d'une ultime réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles avant un possible défaut de paiement de la Grèce au FMI le 30 juin.

Il est désormais clair que la date ne pourra pas être respectée.

La participation de la Grèce à cet Eurogroupe a fait l'objet de déclarations contradictoires après l'annonce du référendum, mais elle a finalement été confirmée officiellement par le porte-parole de M. Tsipras, Gabriel Sakellaridis.

Un responsable de la zone euro a confirmé simplement que l'Eurogroupe se tenait toujours, sans exclure que la discussion porte désormais sur un plan B, discussion souhaitée par un certain nombre de pays, selon lui.

Le plan B est celui où aucun accord ne serait trouvé entre la Grèce et ses créanciers.

Durant six mois, le gouvernement grec a mené un combat pour en terminer avec la rigueur et pour trouver un accord viable qui respecte la démocratie. On nous a demandé de mettre en place des mesures d'austérité comme les précédents gouvernements (...) les propositions des créanciers exacerbent les inégalités sociales, apportent la déréglementation du marché du travail, des coupes dans les retraites, une hausse de la TVA sur les produits alimentaires et ont pour objectif l'humiliation de tout un peuple, a lancé le Premier ministre.

C'est une responsabilité historique désormais qui se présente à nous pour décider de l'avenir du pays (...) dans les prochains jours il faudra prendre des décisions dont dépendront les prochaines générations.

M. Tsipras, qui s'exprimait depuis la résidence du Premier ministre à Athènes, a parlé pendant environ cinq minutes, le visage grave.

Parallèlement, le gouvernement a annoncé une rencontre samedi entre le vice-premier ministre Yannis Dragassakis et le vice-ministre des Affaires étrangères Euclide Tsakalotos avec le Président de la BCE Mario Draghi.

La mise en place du référendum commencera samedi devant le Parlement. Les députés se prononceront sur le référendum lors d'un vote prévu à 19H00 (16H00 GMT).

La Grèce a rejeté vendredi une proposition mise sur la table à Bruxelles par les créanciers du pays, proposant d'apporter à la Grèce douze milliards d'euros jusqu'en novembre, en quatre fois, dont le ministre des Finances Yanis Varoufakis a estimé qu'elle était conçue de telle manière qu'elle risquait d'affaiblir encore l'économie grecque.

Le ministre de la Réforme administrative Georges Katrougalos a considéré que le référendum ne serait pas +un oui ou non+ à l'euro, mais à l'accord trouvé.

(©AFP / 27 juin 2015 02h15)