Grèce : Varoufakis appelle les créanciers à se mettre d'accord

Athènes - Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a appelé mardi les créanciers de son pays à se mettre d'accord, faute de quoi les remboursements de dette ne pourront plus être effectués très longtemps.

Depuis quatre mois (date de l'arrivée au pouvoir du gouvernement Tsipras, ndlr) nous avons rempli nos obligations vis-à-vis des créanciers en puisant jusqu'au fond de notre économie, on ne peut pas faire cela indéfiniment et nos créanciers le savent, a lancé le ministre sur CNN.

Donc il commence à être temps qu'ils se mettent d'accord et fassent le dernier quart du chemin, puisque nous en avons déjà fait les trois autres quarts, a-t-il ajouté.

Contrairement au ministre de l'Intérieur Nikos Voutsis qui avait assuré dimanche qu'il n'y avait plus d'argent pour payer le FMI en juin, M. Varoufakis a continué à laisser planer l'ambiguïté sur la date à laquelle le pays pourrait ne plus faire face à ses obligations.

Je suis optimiste de nature, donc je dirais que nous ferons ce paiement (en juin, ndlr) car nous aurons un accord d'ici là.

Comme on lui demandait si le paiement de juin était directement lié à l'accord, M. Varoufakis a répondu évasivement : Il faut parvenir à un accord (...) chacun sait que l'Etat grec ne peut pas continuer à faire de gros paiements au FMI sans un accord (...) c'est une question de bon sens.

A la question est-il vrai que le pays n'a pratiquement plus d'argent?, M. Varoufakis a répondu cependant : Non, notre pays, en conséquence des énormes sacrifices faits par le peuple grec, a réussi à vivre sur ses propres moyens.

Des spécialistes de la dette grecque ont indiqué à l'AFP que le mois de juin serait très difficile, notamment les vingt derniers jours. Or, Athènes doit le mois prochain un total de près de 1,6 milliard d'euros au FMI, avec un premier versement le 5 de taille modérée, 300 millions d'euros.

Si ce versement peut être effectué sans heurt, cela laisse une semaine de plus pour parvenir à un accord d'ici le 12.

Il y a de bonnes raisons pour que nous ne voyions pas de défaut autour du 5 juin, a estimé mardi une source au ministère allemand des Finances sur la base des récentes déclarations d'Athènes, jugées encourageantes.

La Grèce semble avoir compris que sans le FMI rien ne va, a ajouté cette source, puisque c'est de l'institution de Washington que doit venir une part importante des 7,2 milliards de prêts au coeur de la négociation en cours entre la Grèce et ses créanciers.

Le quotidien grec Ta Nea assurait d'ailleurs mardi que le Premier ministre Alexis Tsipras et le secrétaire américain au Trésor Jack Lew avaient évoqué, lors d'un entretien téléphonique vendredi, la possibilité d'une intervention des Etat-Unis auprès du FMI pour aider à l'avancée des négociations.

Le service de presse du Premier ministre, interrogé par l'AFP, a confirmé la tenue de cet entretien sans en préciser la teneur.

Alors que le dossier grec risque de se retrouver à l'agenda de la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G7, jeudi et vendredi en Allemagne, les négociations techniques ont repris mardi à Bruxelles entre les représentants de la Grèce et ceux des institutions créancières.

Nous escomptons que ce travail difficile se poursuive dans les jours à venir pour accélérer le processus de négociations, a indiqué mardi Margaritis Schinas, le porte-parole de la Commission européenne, restant évasif sur les délais dans lesquels les négociations pourraient aboutir.

(©AFP / 26 mai 2015 14h37)