Grèce: le chef de l'Eurogroupe promet un accord en mai, appel à la "grève générale"

Athènes - Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, s'est porté "personnellement" garant jeudi qu'un accord entre la Grèce et ses créanciers serait atteint en mai, permettant le déboursement d'une nouvelle tranche de crédit à Athènes, tandis que les syndicats grecs appelaient à la "grève générale" pour le 17 mai.

"Je donne mon engagement personnel au Parlement (européen) que nous allons arriver à un accord pour la Grèce en mai. Il faut que cela soit fait en mai", a insisté M. Dijsselbloem devant les eurodéputés à Bruxelles.

"La situation (économique) en Grèce n'est pas suffisamment bonne. La croissance est à nouveau à la peine", a déclaré le ministre néerlandais des Finances, soulignant ainsi la nécessité de parvenir rapidement à un accord.

A Athènes, le puissant syndicat grec des fonctionnaires (Adedy) a appelé jeudi dans un communiqué à une "grève générale" le 17 mai contre "les mesures injustes et dures que le gouvernement s'apprête à voter" et qui sont réclamées par les créanciers du pays.

A la suite d'une réunion avec des représentants du syndicat des salariés du privé (GSEE) et d'autres acteurs sociaux, "les participants ont décidé une grève générale le 17 mai", a précisé le communiqué.

"Nous sommes d'accord pour une grève le 17 mai avec l'Adedy", a indiqué à l'AFP, le président de la GSEE Yannis Panagopoulos.

Après des mois d'atermoiements, le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras s'est récemment dit prêt à donner son feu vert au vote au Parlement de mesures de rigueur d'environ 3,6 milliards d'euros pour 2019 et 2020 réclamées par les créanciers afin de s'assurer de la poursuite du versement des prêts internationaux.

Ces mesures concernent de nouvelles coupes dans les retraites et une hausse de l'imposition.

Mardi, les experts des créanciers de la Grèce --Commission européenne, BCE, Mécanisme européen de stabilité (MES, fonds de secours de la zone euro) et FMI--, chargés d'évaluer les progrès des réformes réalisés par Athènes, ont repris leurs discussions avec le gouvernement d'Alexis Tsipras dans la capitale grecque.

La clôture positive de cette évaluation devrait déboucher sur le déboursement d'une nouvelle tranche de prêt dans le cadre du troisième plan d'aide à la Grèce d'un montant total de 86 milliards d'euros, conclu en juillet 2015 pour trois ans.

Des désaccords persistent entre les créanciers de la Grèce sur les allègements à faire sur la dette contractée par Athènes: le FMI conditionne sa participation financière au troisième plan d'aide à un geste en faveur d'Athènes, mais l'Allemagne freine des quatre fers.

"Pour arriver à une solution, il est nécessaire d'avoir des allègements sur la dette. C'est mon avis et je crois qu'elle est partagée au sein de l'Eurogroupe", a expliqué M. Dijsselbloem.

"Nous avons besoin de confiance pour continuer, pour que la croissance continue. Vous avez mon engagement personnel et je vais revenir devant le Parlement avec un accord équitable en ce qui concerne la dette", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a assuré mardi qu'un accord avec les créanciers serait conclu d'ici le 22 mai, date du prochain Eurogroupe, réunion des ministres des Finances de la zone euro.

La Grèce souhaite le plus tôt possible un accord avec ses créanciers car le pays endetté a besoin de nouvelles tranches de prêts pour payer des créances de plus de sept milliards d'euros en juillet.


(©AFP / 27 avril 2017 18h14)