Grèce: un conservateur aguerri mais controversé proposé pour la présidence de la République

Athènes - Le gouvernement grec va présenter un ex ministre, conservateur modéré et européen convaincu mais au passé politique controversé, pour la présidence de la République qui sera soumise mercredi au vote du Parlement.

S'il est élu par les députés, comme le prévoit la constitution grecque, Prokopis Provopoulos, 65 ans, succèdera à Carolos Papoulias, 85 ans, arrivé au terme de ses deux mandats à un poste principalement honorifique, mais au rôle très fédérateur dans un pays en crise profonde.

L'annonce du choix de M. Pavlopoulos mardi par le Premier ministre de gauche radicale Syriza, Alexis Tsipras, a mis un terme à plusieurs semaines d'intenses spéculations sur une possible arrivée à la tête du pays de l'actuel Commissaire européen grec Dimitris Avramopoulos, lui aussi un conservateur modéré, chargé des questions d'immigration.

Cette proposition me donne la possibilité de contribuer à une sortie de la Grèce de cette crise cauchemardesque. Notre objectif est de lutter non seulement pour la Grèce mais aussi pour l'Europe qui doit retrouver ses principes et ses valeurs a déclaré M. Pavlopoulos après sa rencontre avec M. Tsipras.

Le vote du Parlement est prévu mercredi à 17H30 GMT.

Pour être élu au premier tour, M. Pavlopoulos a besoin de trois cinquièmes des voix, soit 180, ce qui devrait être une formalité: la coalition au pouvoir, composée de Syriza et des Grecs indépendants (souverainistes de droite) compte 162 députés auxquels devraient se joindre les 76 du parti de M. Pavlopoulos, Nouvelle Démocratie, qui a annoncé son soutien.

Face à lui, la candidature d'un autre juriste constitutionnaliste de 66 ans, Nikos Alivizatos, présenté par le petit parti de centre-gauche Potami (17 députés) et soutenue par le parti socialiste Pasok (13 députés) ne devrait pas peser très lourd.

Au cas extrême où M. Pavlopoulos ne réunirait pas les 180 voix requises, un deuxième tour est prévu cinq jours plus tard, l'élection requérant alors seulement la majorité absolue, soit 151 voix.

Prokopis Pavlopoulos né à Kalamata dans le Péloponnèse (sud), francophile, a commencé sa carrière en tant qu'avocat, puis professeur de droit public à l'Université d'Athènes, après des études en Grèce et en France.

Elu député conservateur en 1996, il a été ministre de l'Administration et de l'Intérieur dans le gouvernement de Costas Caramanlis entre 2005 et 2009.

Il a été accusé par ses détracteurs d'avoir embauché sans compter des partisans et soutiens du parti Nouvelle Démocratie dans l'administration durant son mandat en tant que ministre de l'Intérieur, nourrissant les critiques sur le clientèlisme du gouvernement grec, un des maux généralement considéré comme responsable de la crise du pays.

Il a également été sous les projecteurs lors de la mort en 2008 d'un jeune lycéen de 15 ans tué par un policier, qui a déclenché un mois de violentes émeutes dans toute la Grèce. Ses soutiens en revanche louent sa finesse diplomatique.

(©AFP / 17 février 2015 21h39)
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