Grève du 23 mars: Air France propose des ajustements de salaires

Onze syndicats d'Air France, tous métiers confondus, ont appelé à une grève le 23 mars pour exiger une revalorisation des grilles salariales de 6% / © AFP/Archives / PASCAL PAVANI
La direction d'Air France est "prête à négocier un mécanisme" pour rattraper une baisse de pouvoir d'achat des personnels dont le salaire aurait évolué "moins vite que l'inflation", a-t-elle annoncé mardi en demandant la levée du préavis de grève déposé pour le 23 mars.

Onze syndicats, tous métiers confondus, ont appelé à une grève le 23 mars pour exiger une revalorisation des grilles salariales de 6%, censée rattraper la perte de pouvoir d'achat subie depuis la dernière augmentation générale en 2011.

Selon un communiqué d'Air France, la direction a reçu mardi les organisations regroupées en intersyndicale.

"La direction a rappelé que la situation économique et financière de la compagnie, dans un environnement concurrentiel particulièrement agressif, rendait cette augmentation générale impossible sans compromettre sa stratégie de croissance, d'investissement et de reprise des embauches", selon le texte.

"Dans un souci d'ouverture et de dialogue, et dans le contexte d'ouverture des Assises du transport aérien (le 20 mars, ndlr) pour lesquelles l'entreprise et ses salariés doivent afficher une position unie pour faire valoir leurs arguments dans les débats, la direction s'est déclarée prête à négocier un mécanisme d'ajustement salarial pour rattraper la baisse de pouvoir d'achat des personnels dont le salaire individuel de 2017 comparé à celui de 2011 aurait augmenté moins vite que l'inflation sur la même période", précise-t-elle.

La direction a demandé la levée du préavis de grève et a indiqué être prête à ouvrir des négociations dans les plus brefs délais.

Une consultation auprès des pilotes menée par le SNPL, majoritaire dans les cockpits d'Air France, pour "recourir, au besoin, à un ou plusieurs arrêts de travail" pouvant dépasser six jours doit se terminer mercredi.

"Jeudi, l'intersyndicale se réunit et va sûrement durcir le mouvement en appelant non plus à une journée (de grève) mais à deux (...) Ils ont voulu, à travers cette proposition qui touchera une infime partie des salariés, péter l'intersyndicale mais elle reste plus que soudée", a déclaré à l'AFP une source au sein de l'intersyndicale.

Pour Jérôme Beaurain, de Sud aérien, la direction "a proposé d'individualiser un problème collectif". "Au vu de cette proposition, nous avons tous quitté cette réunion au bout d'une heure", a-t-il ajouté, soulignant que l'intersyndicale avait "défini un besoin d'augmentation à 6% pour tous".

La direction d'Air France a estimé que si sa proposition était acceptée, "aucun salarié d'Air France n'aura vu son pouvoir d'achat diminuer sur cette période".

Les organisations de pilotes (SNPL, Spaf, Alter), d'hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, Unac, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD) ont observé le 22 février une première grève qui a cloué au sol un quart des avions et "aura eu un impact négatif sur le résultat d'Air France de l'ordre de 26 millions d'euros", selon la direction.

Les syndicats réclament une revalorisation des grilles salariales de 6% après l'annonce de résultats en forte hausse en 2017. Le groupe Air France-KLM a affiché un bénéfice d'exploitation en hausse de 42%, à 1,488 milliard d'euros, dont 588 millions pour la partie française.

La direction affirme que "le montant perçu par les salariés augmentera de 4,5% en moyenne pour l'année du fait de l'augmentation générale, des augmentations individuelles et du versement de l'intéressement".

Chez Hop!, filiale d'Air France, le FUC, 3e syndicat de pilotes appelle de son côté à la grève les 22 et 23 mars prochains pour des revendications spécifiques portant sur la négociation d'un nouvel accord d'entreprise.



(©AFP / 13 mars 2018 18h00)


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