Groenland: courte victoire des sociaux-démocrates aux législatives

Le Siumut, le parti social-démocrate du Groenland, a remporté une très courte victoire aux législatives de vendredi dans ce territoire autonome du Danemark, a annoncé l'agence Ritzau. Il devra négocier âprement pour la formation du prochain gouvernement.

Le Siumut a remporté 34,3% des voix. Il devance de peu le parti indépendantiste d'extrême gauche Inuit Ataqatigiit (IA), qui avait été donné favori par les derniers sondages et a finalement obtenu 33,2%, selon l'agence de presse danoise.

Les deux partis remportent chacun 11 sièges au parlement. Les discussions sur la formation d'un gouvernement de coalition s'annoncent difficiles pour le Siumut, le parti populiste Partii Naleraq ayant obtenu 11,6% des voix et les Démocrates du centre droit 11,8%.

L'élection au Groenland a été provoquée par l'éclatement en septembre de la coalition formée par le Siumut et menée par Aleqa Hammond. Cette dernière, ex-Première ministre, avait été écartée du pouvoir après des révélations sur des billets d'avion et notes d'hôtel payés par les contribuables pour elle-même et sa famille.

Son successeur, Kim Kielsen, ancien officier de police, est parvenu à reléguer ce scandale au second plan pour accorder la priorité aux défis économiques.

Contenir l'émigration
La campagne a tourné autour des moyens de développer une île riche en ressources minières, mais dont l'économie reste dépendante de la pêche et des subventions de Copenhague.

Le produit intérieur brut du Groenland s'est contracté de 1,9% en 2013, et chez les 57'000 habitants domine l'envie d'assurer un avenir à une jeunesse tentée par l'émigration.

"C'est très satisfaisant que les gens m'aient fait confiance et aient voté pour moi, cela me confère une grande responsablité", a déclaré Kim Lielsen à la Greenlandic Broadcasting Corporation, qui interprète le résultat très serré du scrutin comme le signe de profondes divisions au Groenland.

Dépendance du Danemark
Kim Kielsen est Premier ministre par intérim et jouit d'une réputation d'homme intègre. Il souhaite une rupture avec la corruption et le népotisme qui agitent la vie politique groenlandaise depuis l'autonomie de 1979.

L'île, rattachée par la géologie à l'Amérique du Nord, gère elle-même ses ressources. Son budget n'est viable que grâce aux apports du Danemark, pays qui contrôle la diplomatie, la défense et la monnaie.

(ats / 29.11.2014 11h10)
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