Guerre commerciale: Trump optimiste après le geste de Pékin

Donald Trump le 13 décembre 2018 à Washington DC / © AFP / Brendan Smialowski
Donald Trump a affiché vendredi son optimisme sur la possibilité d'un "grand accord" commercial avec la Chine, quelques heures après un premier geste concret de Pékin depuis la rencontre entre le président américain et son homologue chinois en marge du G20.

Le locataire de la Maison Blanche en est convaincu: sa stratégie de fermeté porte ses fruits, les tarifs douaniers ont un véritable impact sur l'économie du géant asiatique et poussent ses dirigeants à la table des négociations.

La Chine, deuxième puissance économique mondiale, a vu sa croissance ralentir au troisième trimestre, au plus bas niveau en neuf ans. Autre signe préoccupant: les ventes de détail, baromètre de la consommation des ménages, et la production industrielle ont ralenti en novembre.

Dans ce contexte plutôt morose, Pékin a annoncé vendredi qu'il suspendrait le 1er janvier, pour trois mois, les surtaxes douanières imposées aux voitures et pièces automobiles importées des États-Unis.

"La Chine vient d'annoncer que la croissance de son économie était beaucoup plus faible que prévue en raison de notre guerre commerciale avec eux. Ils viennent de suspendre les surtaxes douanières", a tweeté Donald Trump.

"La Chine veut aboutir à un grand accord très complet. Cela pourrait arriver, et plutôt rapidement!", a-t-il poursuivi.

La fin des taxes punitives sur les voitures américaines, qui était une mesure de rétorsion en réponse aux surtaxes douanières de Washington, permettra de ramener les tarifs douaniers qui les visent à 15%, soit le taux normal appliqué aux véhicules importés de l'étranger.

Selon le gouvernement chinois, cette mesure vise à faire progresser les discussions. "Sous réserve de certaines préconditions - respect mutuel, égalité mutuelle, respect de la parole donnée -, nous espérons que les deux parties intensifieront leurs consultations en vue d'éliminer tous les droits de douane additionnels", a-t-il précisé.

- Autres mesures à venir ? -

Donald Trump et Xi Jinping ont convenu le 1er décembre, en marge du sommet du G20 de Buenos Aires, d'une trêve dans la guerre commerciale, mais le flou entourant leurs discussions avait ébranlé les marchés boursiers mondiaux.

Les négociateurs en chef des deux pays se sont parlés au téléphone cette semaine pour discuter d'un calendrier sur les discussions commerciales. Et l'annonce de vendredi sur les automobiles confirme une information déjà donnée le 2 décembre par Donald Trump dans un tweet.

La suspension de ces droits de douane punitifs devrait bénéficier à des constructeurs automobiles américains comme Tesla et Ford, qui ont vu leurs ventes impactées par la guerre commerciale Pékin-Washington.

D'autres constructeurs étrangers pourraient bénéficier de la mesure, comme par exemple BMW ou Daimler, qui ont exporté en Chine des SUV fabriqués aux Etats-Unis.

Les exportations américaines vers la Chine ont chuté de 25% sur un an en novembre en raison des droits de douane plus élevés sur les produits "made in USA", dont le prix rebute importateurs et consommateurs.

La Chine pourrait également annoncer prochainement d'autres mesures d'ouverture.

Le comité permanent de l'Assemblée nationale populaire (parlement), qui se réunira du 23 au 29 décembre, examinera notamment un projet de loi sur les investissements étrangers et un amendement à la loi sur les brevets, a annoncé vendredi l'agence officielle Chine nouvelle.

L'ouverture du marché chinois et la protection de la propriété intellectuelle sont justement deux dossiers sur lesquels Washington exige de Pékin des avancées.

L'arrestation à Vancouver le 1er décembre de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a un temps fait craindre un brutal coup de froid sur les négociations mais cela n'a pas été le cas jusqu'ici.

La justice américaine soupçonne Mme Meng de complicité de fraude pour contourner les sanctions américaines contre l'Iran et exige son extradition aux Etats-Unis. Elle a été libérée sous caution mardi, mais doit rester sous étroite surveillance à Vancouver.



(©AFP / (14 décembre 2018 19h51)