Honduras/présidentielle: l'OEA demande une vérification méticuleuse des résultats contestés

Tegucigalpa - L'Organisation des Etats américains (OEA) a demandé "un processus exhaustif et méticuleux de vérification" des résultats contestés de l'élection présidentielle au Honduras, le président sortant qui revendique la victoire appelant lui ses sympathisants à une manifestation jeudi à Tegucigalpa.

Dans un communiqué, l'OEA dénonce le "manque de garantie et de transparence" ainsi que "l'accumulation d'irrégularités" enregistrée par sa mission d'observateurs, menée par l'ancien président bolivien Jorge Quiroga, estimant qu'elle "ne peut avoir des certitudes sur les résultats".

La totalité des bulletins ont été dépouillés. Le président sortant (parti national, droite) Juan Orlando Hernandez remporterait l'élection, avec 42,98% des votes, tandis que le candidat de l'Alliance de l'opposition contre la dictature (gauche) Salvador Nasralla, présentateur de télévision, en totaliserait 41,38%, selon les résultats officiels.

Pour autant, le Tribunal Suprême Electoral (TSE) se refuse à déclarer un vainqueur, avant que la période de recours -qui s'achève vendredi- n'arrive à échéance. L'opposition crie à la fraude et a demandé mardi la vérification de la totalité des 18.128 procès-verbaux.

Le TSE a lui affirmé n'avoir pas encore reçu la demande formelle de l'Alliance" de l'Opposition contre la Dictature.

M. Hernandez a accepté qu'un examen complet du scrutin soit effectué et proposé en outre une "vérification médico-légale" du serveur informatique du TSE, dont les pannes durant le décompte alimentent les suspicions de fraude.

Mais M. Nasralla, qui a, à maintes reprises, exprimé sa méfiance à l'égard du TSE, a demandé mercredi la formation par des organisations internationales d'un organisme indépendant chargé de procéder à un examen minutieux de la totalité des bulletins. "Il n'est pas approprié que cet arbitre continue", a dit Nasralla en référence au tribunal électoral hondurien.

Les Etats-Unis, craignant des violences post-électorales, ont appelé mercredi leurs ressortissants à "reporter ou annuler tout déplacement" dans le pays tant que la crise électorale n'est pas résolue.

Dans un communiqué commun, l'Argentine, le Chili, la Colombie, le Guatemala, le Mexique, le Paraguay, le Pérou, le Chili et l'Uruguay ont exprimé leur "soutien" à un examen global du processus et ont exhorté la population à "attendre pacifiquement" les résultats.

Le président sortant M. Hernandez, donné a priori vainqueur, a appelé ses sympathisants à une manifestation jeudi dans la capitale Tegucigalpa, sous le mot d'ordre "Unis pour la paix", pour "défendre à tout prix" le résultat de l'élection présidentielle du 26 novembre.

"Nous devons défendre ce que le peuple hondurien a donné au Parti national. Il faut défendre à tout prix ce résultat", a déclaré le président sortant, 49 ans, au cours d'une réunion avec des sympathisants, tout en expliquant qu'il fallait éviter les affrontements avec l'opposition.

En attendant, l'état d'urgence de dix jours qui avait été décrété vendredi a été levé mercredi dans neuf des 18 départements. Il avait été instauré ainsi qu'un couvre feu après des manifestations dénonçant des fraudes électorales, et des pillages de commerces ayant fait au moins trois morts.

Et les universités ont rouvert leurs portes dans la capitale.


(©AFP / 07 décembre 2017 06h26)
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