Hongrie: le PDG de MOL blanchi des accusations de fraude et de corruption

Budapest - Zsolt Hernadi, PDG du groupe énergétique hongrois MOL, a été blanchi, lundi, des accusations de fraude et de corruption par un tribunal hongrois, mais il reste visé par des accusations de corruption en Croatie.

Le tribunal métropolitain de Budapest a déclaré M. Hernadi non coupable de fraude, et l'a également relaxé dans le cadre d'une affaire de corruption internationale liée à l'acquisition par MOL d'une participation majoritaire dans la société pétrolière croate INA en 2009.

En décembre dernier, la justice civile avait été saisie d'une plainte à l'encontre de M. Hernadi émanant d'une ancienne employée et actionnaire de MOL. Celle-ci accusait le dirigeant de ne pas avoir dûment informé les actionnaires de MOL de pratiques illégales et inappropriées au moment du rachat d'INA.

Cette employée dit avoir subi de lourdes pertes financières après l'ouverture d'une enquête sur cette opération qui a aussitôt fait chuter le titre MOL en Bourse.

M. Hernadi faisait alors déjà l'objet d'un mandat d'arrêt international d'Interpol et d'un mandat d'arrêt européen (qui facilite l'extradition entre pays de l'Union européenne) pour corruption.

En mars, Zagreb avait en effet accusé le patron de MOL d'avoir versé à l'ex-Premier ministre croate, Ivo Sanader, 10 millions d'euros afin que ce dernier lui facilite la prise de contrôle du groupe INA.

Dans son pays, M. Sanader a été condamné à 10 ans de prison, en 2012, pour corruption incluant des versements de pots-de-vin dans le cadre du rachat d'INA.

MOL et M. Sanader démentent l'existence de cette transaction.

Selon les observateurs à Budapest, les avocats de M. Hernadi seraient tout à fait fondés à demander un abandon des charges en Croatie après la relaxe lundi du PDG de MOL dans un autre Etat membre de l'UE, en l'occurrence la Hongrie, dans le cadre de la même affaire.

(©AFP / 26 mai 2014 21h58)