Inde: "chirurgie profonde" des créances des banques (gouverneur RBI)

Bombay (awp/afp) - Le gouverneur de la banque centrale indienne (RBI), Raghuram Rajan, a estimé que les banques et autres prêteurs en Inde pourraient avoir besoin d'une "chirurgie profonde" pour venir à bout des prêts douteux et nettoyer leur bilan.

M. Rajan, qui s'est fait connaître en particulier en anticipant l'éclatement d'une crise financière en 2008, a donné jusqu'en mars 2017 aux banques indiennes pour faire le ménage dans leur portefeuille d'actifs non performants.

Il a prévenu jeudi, devant un parterre de dirigeants de banques à Bombay, que ce nettoyage "pourrait nécessiter une chirurgie profonde" et non des "pansements".

"Les prêts en cours pourraient devoir être dépréciés en raison des changements de circonstances depuis qu'ils ont été accordés", a dit Raghuram Rajan.

"Mais pour effectuer une telle chirurgie profonde, telle qu'une restructuration ou une dépréciation des prêts, la banque doit reconnaître qu'il y a un problème et inscrire cet actif parmi les actifs non performants", a-t-il ajouté.

Les créances douteuses, en particulier au bilan des banques publiques indiennes, freinent l'investissement dans la troisième économie asiatique qui a besoin de plus de crédits pour alimenter sa croissance.

La RBI incite les banques à identifier les emprunteurs en défaut ou sur le point de l'être pour améliorer la transparence de leur bilan, en prenant des provisions adéquates.

"Réfléchir à la classification comme actif non performant en tant qu'anesthésiant permet à la banque de réaliser une importante opération chirurgicale nécessaire pour la remettre sur pied", dit-il.

"Si la banque affirme que tout va bien avec un emprunt, elle ne va appliquer qu'un pansement car une action plus drastique nécessite de le classer parmi les actifs non performants".

A court terme, de telles opérations peuvent impacter la situation de la banque mais elles sont bénéficiaires à moyen terme pour l'économie indienne.

"Si la profitabilité de certaines banques peut s'en ressentir à court terme, le système, une fois nettoyé, va pouvoir soutenir la croissance économique de façon durable et profitable", selon lui.

afp/rp

(AWP / 12.02.2016 11h16)