Inquiétude pour l'activité économique dans les zones industrielles à risque

Paris - Depuis l'accident de l'usine AZF en 2001, tous les locaux situés à proximité de sites industriels à hauts risques doivent être renforcés, mais les collectivités concernées s'alarment du coût des travaux pour les entreprises et demandent des mesures adaptées pour préserver l'activité économique.

Cela nous paraît abscons d'obliger des entreprises à fermer faute de pouvoir financer les travaux exigés pour se protéger, a souligné mercredi le député PS du Rhône Yves Blein, président de l'association Amaris qui regroupe plus d'une centaine de collectivités locales abritant ces usines chimiques, raffineries et autres sites industriels classés dangereux.

La loi Bachelot, adoptée en 2003 pour tirer les conséquences de l'explosion de l'usine AZF qui avait fait 31 morts en 2001 à Toulouse, prévoit la mise en place, autour des sites industriels les plus dangereux, de plans de prévention des risques technologiques (PPRT). Ces plans identifient des zones particulièrement exposées où les riverains - particuliers comme entreprises - peuvent être expropriés et des zones moins exposées où des travaux de renforcement des habitations (vitrages, toiture, salle de confinement,etc.) sont obligatoires.

Même si ces travaux sont plafonnés pour les entreprises à 5% maximum du chiffre d'affaires annuel, ces mesures fragilisent, quand elles ne les condamnent pas, les activités économiques implantées dans ces zones, selon Amaris.

Une situation inacceptable en période de crise, ajoute l'association, qui s'inquiète notamment pour les ports français face à la concurrence européenne.

L'association réclame un aménagement des mesures visant les entreprises, en privilégiant davantage la formation des salariés pour les sensibiliser aux bons comportements face aux risques, mais aussi en travaillant sur l'organisation des locaux ou les conditions de desserte de la société pour mieux protéger les salariés.

Sur les 407 plans de prévention des risques prévus dans le cadre de la loi Bachelot (concernant 650 sites industriels classés et 825 communes), 74% sont désormais opérationnels, selon Amaris.

(©AFP / 09 juillet 2014 12h55)