Interpol réactive un mandat d'arrêt contre un homme d'affaires hongrois, selon Zagreb

Zagreb - La Croatie a déclaré dimanche qu'Interpol avait accepté de réactiver un mandat d'arrêt contre un homme d'affaires hongrois de premier plan, réclamé par Zagreb mais que la Hongrie refuse d'extrader.

Zsolt Hernadi, PDG du géant pétrolier hongrois MOL, est actuellement jugé par contumace par un tribunal de Zagreb pour des faits de corruption liés à la prise de contrôle en 2009 du groupe pétrolier et gazier croate INA.

La Croatie essaye depuis des années d'obtenir son arrestation mais la Hongrie s'est toujours refusée à l'extrader et est parvenue à le faire retirer de la liste des personnes recherchées par Interpol en 2016.

Samedi, Interpol a "autorisé la réactivation complète du mandat d'arrêt international" contre Zsolt Hernadi, a déclaré le ministre de l'Intérieur croate sur son site internet.

Interrogée dimanche par l'AFP, l'organisation policière internationale n'a toutefois "ni confirmé ni infirmé" que Zsolt Hernadi figure sur la liste des personnes recherchées.

L'homme d'affaires est soupçonné d'avoir versé 10 millions d'euros de pots-de-vin à l'ex-Premier ministre croate, Ivo Sanader, pour s'assurer "une influence dominante" au sein de la compagnie INA. Le gouvernement hongrois est l'actionnaire principal de MOL, qui détient 49% de INA.

Les deux hommes ont démenti qu'une telle transaction ait eu lieu.

L'annonce croate a provoqué une vive réaction du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, déjà mis en cause cette semaine pour avoir accordé sa protection à l'ex-Premier ministre de Macédoine, Nikola Gruevski, condamné dans son pays à deux ans de prison pour abus de pouvoir.

Nicola Gruevski a demandé l'asile politique en Hongrie, s'estimant victime de persécution.

M. Orban a déclaré que le lancement d'un mandat d'arrêt international contre Zsolt Hernadi "justifierait une action plus vigoureuse de l'Etat hongrois qui porterait atteinte aux relations entre la Croatie et la Hongrie", deux pays membres de l'Union européenne.

Malgré les dénégations de la Hongrie sur une quelconque aide apportée à l'ancien dirigeant, l'Albanie a indiqué jeudi que M. Gruevski a quitté le pays le 11 novembre à bord d'une voiture de l'ambassade de Hongrie à Tirana.

Viktor Orban s'est par le passé posé en allié de Nikola Gruevski, qui se revendique comme lui d'une droite souverainiste et nationaliste.

(©AFP / 18 novembre 2018 15h58)