Irak : premières frappes aériennes françaises contre les jihadistes de l'EI

PARIS - La France a annoncé avoir procédé vendredi à ses premières frappes aériennes dans le nord-est de l'Irak, près de Mossoul, y détruisant un dépôt logistique des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui contenait beaucoup de munitions, des véhicules et des réserves de carburant.

Ce matin à 09h40 (07h40 GMT), nos avions Rafale ont mené une première frappe contre un dépôt logistique des terroristes de l'organisation Daesh (l'une des appellations du groupe Etat Islamique) dans le nord-est de l'Irak. L'objectif a été atteint et entièrement détruit, a affirmé dans un communiqué le président François Hollande.

D'autres opérations se poursuivront dans les prochains jours, ajoute-t-il.

Selon le ministère de la Défense, l'opération s'est déroulée dans la région de Mossoul. Le dispositif était constitué de deux avions Rafale équipés de bombes air-sol guidées laser GBU 12, d'un avion de ravitaillement en vol C-135 FR et d'un avion de patrouille maritime Atlantique 2, chargé notamment de la première évaluation des frappes.

Au cours de cette mission qui a duré un peu moins de six heures, il n'y a pas eu de dégâts collatéraux, a-t-on affirmé de source militaire.

Le président François Hollande avait annoncé jeudi au cours d'une conférence de presse avoir autorisé d'ouvrir le feu, soulignant qu'il n'y aurait pas de troupes au sol et que la France ne frapperait pas en Syrie.

Un débat sans vote est prévu mercredi au Parlement français sur l'engagement des forces françaises sur ce nouveau théâtre d'opérations. L'armée française est déjà fortement mobilisée au Mali et en Centrafrique.

En Irak, les Français agissent aux côtés des forces armées irakiennes et des Peshmergas pour affaiblir Daesh et restaurer la souveraineté irakienne, selon le communiqué de la présidence.

Le président américain Barack Obama avait salué jeudi la décision de la France de procéder à des frappes en Irak, jugeant que la coalition contre les jihadistes de l'EI prenait forme.

Les Rafale français avaient entamé lundi des missions de reconnaissance dans le ciel irakien, à partir de la base aérienne d'Al-Dhafra, où sont basés six appareils de ce type. La France est installée depuis 2009 sur cette base située à 30 km au sud-ouest d'Abou Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis.

Dans une brève allocution, François Hollande a indiqué vendredi que la France devait savoir qu'elle est protégée.

Il y a toujours des risques à prendre des responsabilités, je les ai réduits au minimum, a-t-il dit. En revanche, il y a toujours de la grandeur à pouvoir atteindre le terrorisme car ce terrorisme-là n'est pas propre au Moyen-Orient, il nous menace, a-t-il ajouté, rappelant que des discussions auront lieu mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU pour lutter contre les filières terroristes qui affluent de l'étranger en Irak et en Syrie.

(©AFP / 19 septembre 2014 17h45)