Irlande du Nord: Londres veut un gouvernement d'ici au 29 juin

Londres - Les responsables du Sinn Féin et du DUP ont jusqu'au 29 juin pour former une nouvelle coalition gouvernementale en Irlande du Nord, a annoncé vendredi le gouvernement britannique qui pourrait, en cas d'échec des discussions, prendre le contrôle de la province.

L'Irlande du Nord est plongée dans une crise politique depuis la démission en janvier du vice-Premier ministre Sinn Féin Martin McGuinness, à la suite de dissensions sur la gestion par la Première ministre DUP Arlene Foster d'un programme de subventions aux énergies renouvelables.

Le départ de M. McGuinness, mort fin mars d'une maladie du coeur, a donné lieu à de nouvelles élections le 2 mars. Avec 28 des 90 sièges de l'assemblée régionale, le DUP (unionistes) avait terminé en tête, tout en cédant du terrain face au Sinn Féin (républicains, 27 sièges).

Mais les négociations entre les deux partis n'ont pas permis de former un nouveau gouvernement.

Vendredi, le secrétaire d'Etat pour l'Irlande du Nord James Brokenshire a présenté un projet de loi fixant au 29 juin la date butoir pour "convoquer l'assemblée (nord-irlandaise), désigner des ministres et remettre en marche le gouvernement" local.

"C'est ce pourquoi les Nord-Irlandais ont voté le 2 mars et cela doit rester la priorité pour les semaines à venir", a-t-il déclaré dans un communiqué.

C'est la quatrième fois que la date butoir est repoussée. La précédente, qui avait été fixée à début mai, a été abandonnée en raison de l'appel de la Première ministre britannique Theresa May à l'organisation d'élections législatives anticipées le 8 juin dans tout le pays.

Les divergences entre nationalistes et unionistes restent importantes, y compris sur le Brexit. Favorable au divorce, le DUP est un allié de Theresa May au Parlement britannique alors que le Sinn Fein redoute plus que tout un retour de la frontière avec la République d'Irlande après la sortie de l'Union européenne.

En déplacement à Londres vendredi pour discuter du Brexit et de son impact pour l'Irlande du Nord, la numéro deux du Sinn Fein, Mary Lou McDonald, a déclaré que seul "un statut spécial au sein de l'UE" permettrait de protéger les intérêts économiques de la province britannique.

La chef du parti Michelle O'Neill a, elle, promis de "saisir l'opportunité" des législatives anticipées pour "rejeter à nouveau l'agenda du Brexit des Tories".

C'est l'Accord de paix de 1998 qui a établi la mise en place d'une coalition obligatoire entre unionistes et nationalistes, un mode de gouvernance qui a dû être suspendu à plusieurs reprises par Londres, la dernière fois en 2007.


(©AFP / 21 avril 2017 16h20)
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