Japon: Abe défend les abenomics et salue l'action de la BoJ

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, à Tokyo, le 11 septembre 2017 / © AFP/Archives / Kazuhiro NOGI
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, s'est félicité mercredi, dans un entretien publié par le quotidien Nikkei, des résultats de sa politique de relance abenomics et a salué l'action du gouverneur de la banque centrale, malgré des critiques croissantes.

"Grâce aux abenomics, un cercle vertueux est avec certitude en train de naître", a déclaré le chef du gouvernement au journal, qui précise l'avoir interrogé mardi.

Les économistes sont pourtant partagés sur les effets de cette politique qui mêle largesses budgétaires, souplesse monétaire et réformes structurelles, arguant principalement que ces dernières sont loin d'être réalisées alors qu'elles sont la clef de la réussite.

Par ailleurs, de plus en plus de voix s'élèvent pour mettre en garde contre les effets secondaires négatifs de la politique ultra-accommodante de la Banque du Japon (BoJ), qui inonde le marché de liquidités en rachetant des quantités massives d'obligations étatiques, quitte à fragiliser l'équilibre de ses propres finances.

Cela est censé permettre d'atteindre l'objectif de 2% d'inflation, fixé d'un commun accord il y a plus de quatre ans entre le gouvernement et la BoJ, mais il est encore loin. La banque centrale elle-même n'imagine pas toucher ce but avant au mieux 2019/20. Elle a déjà reporté à six reprises l'échéance.

Pour autant, M. Abe renouvelle dans les colonnes du Nikkei sa confiance au gouverneur Haruhiko Kuroda dont le mandat arrive à échéance l'année prochaine.

"Il a créé une situation qui n'est plus déflationniste", affirme le Premier ministre. Et d'ajouter: "Le gouvernement et la Banque du Japon sont unis pour accélérer les abenomics".

Il écarte de la sorte les critiques qui appellent à ne pas se concentrer sur ce seul objectif, jugé en trop grand décalage avec la réalité et les capacités de l'économie.

Par ailleurs, M. Abe pense "réaliser comme prévu l'augmentation de la taxe sur la consommation" prévue en octobre 2019. Elle doit passer de 8% à présent à 10%.

Une augmentation des rentrées liées à cet impôt indirect, l'équivalent de la TVA française, est indispensable, selon lui.

"Il est nécessaire de transmettre aux générations suivantes un système social sain et de garantir la confiance des marchés et de la communauté internationale".

Le Japon est souvent mis en garde par les organismes comme le Fonds monétaire international (FMI) pour des finances déséquilibrées, avec une dette qui représente plus de deux fois le produit intérieur brut (PIB) de l'archipel.



(©AFP / 13 septembre 2017 08h56)
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