Japon: le gouverneur local refuse le démantèlement du surgénérateur de Monju

Tokyo - Le gouverneur de la préfecture de Fukui (ouest du Japon) a rejeté lundi le démantèlement du surgénérateur expérimental de Monju proposé par le gouvernement qui préfère poursuivre d'autres programmes nucléaires, dont Astrid avec la France.

Lors d'une réunion lundi matin, en présence du ministre de l'Industrie, Hiroshige Seko, l'administration centrale a exprimé sa volonté de démanteler Monju, qui n'a pour ainsi dire jamais fonctionné en raison de multiples avaries.

Remettre ce surgénérateur en marche prendrait au moins huit années et coûterait 540 milliards de yens (4,45 milliards d'euros) supplémentaires, a expliqué le gouvernement en promettant à la région de Fukui de lui permettre d'accueillir à la place d'autres installations afin de limiter le manque-à-gagner économique.

Ces arguments sont insuffisants, a réagi devant les caméras le gouverneur Issei Nishikawa qui, par ce refus officiel, va retarder les plans étatiques au grand dam de l'Autorité nucléaire qui réclame une solution rapide après avoir dénoncé une piètre gestion de cette installation.

Le surgénérateur (ou surrégénérateur) de Monju est une installation ancienne qui n'a quasiment jamais servi et dans laquelle ont été engloutis plus de 1.000 milliards de yens (8,7 milliards d'euros) depuis sa mise en chantier en 1986.

Prototype de conception déjà ancienne censé préfigurer les réacteurs de 4e génération, refroidi au sodium et qui utilise du combustible recyclé Mox, Monju est stoppé depuis un incident en août 2010.

Il venait alors tout juste d'être remis en fonction, après 14 ans et demi d'arrêt à la suite d'un grave accident survenu en 1995 juste après sa première activation.

En permettant en théorie une meilleure réutilisation du combustible nucléaire et une réduction de la dépendance énergétique envers l'étranger, ce démonstrateur était pourtant considéré comme une pièce essentielle dans la volonté du Japon de maîtriser l'ensemble du cycle nucléaire. Mais cette ambition est freinée par l'impossibilité de faire fonctionner ce surgénérateur de même que de mettre en exploitation l'usine de retraitement de Rokkasho (nord).

Le Japon a d'autres projets de nature ressemblante puisqu'il participe, via ses entreprises Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et Mitsubishi FRB Systems, au développement de surgénérateur Astrid en France.

kap/anb/jpa

AREVA

(©AFP / 19 décembre 2016 03h56)
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