Japon: plainte déposée contre le champion de sumo soupçonné d'agression

Tokyo - Une plainte a été déposée à l'encontre du grand champion de sumo Harumafuji, soupçonné d'avoir violemment agressé un collègue en lui fracassant notamment une bouteille de bière sur la tête, a indiqué mercredi à l'AFP l'Association japonaise de sumo.

La plainte a été déposée par le maître d'écurie de la victime de l'agression présumée, le lutteur de sumo Takanoiwa, de nationalité mongole comme Harumafuji, selon un porte-parole de l'Association interrogé par l'AFP.

L'organisation sportive a aussi diligenté une commission d'enquête interne sur cette affaire, a ajouté le porte-parole, qui ne souhaitait pas en dire plus "tant que nous n'aurons pas fait la lumière sur cet incident".

Le scandale, qui a eu un énorme retentissement au Japon, a éclaté au grand jour mardi et a déjà contraint Harumafuji, 33 ans, à s'excuser publiquement devant les médias, qui ont afflué sur son lieu d'entraînement à Dazaifu, sur l'île de Kyushu (sud-ouest du Japon).

Des tabloïds japonais réclamaient mercredi l'arrestation de Harumafuji, ou l'exhortaient à mettre un terme à sa carrière.

Agé de 33 ans, Harumafuji est l'un des quatre "yokozuna" actuellement en activité, le rang suprême de ce sport national au Japon, où les champions sont adulés mais doivent faire preuve d'une conduite exemplaire, y compris en dehors du "dohyo" (le ring du sumo).

Comme un dieu

Selon plusieurs médias, l'agression a eu lieu le mois dernier au cours d'une soirée arrosée entre une dizaine de lutteurs de sumo, japonais et mongols, à l'issue d'un tournoi.

Harumafuji s'est déchaîné contre Takanoiwa quand celui-ci a voulu prendre un appel sur son portable alors que le yokozuna lui parlait, ce qu'il a visiblement interprété comme un manque de respect à son encontre.

Après lui avoir fracassé une bouteille de bière sur le crâne, Harumafuji a ensuite frappé à plusieurs reprises Takanoiwa avec ses poings, même après que celui-ci, en sang, se soit effondré, selon le quotidien Mainichi Shimbun.

"Un yokozuna est comme un dieu, et ce n'est pas bon si une telle personne devient ivre et frappe quelqu'un", a commenté à la chaîne privée TBS Kyokushuzan, un ancien lutteur de sumo, lui aussi de nationalité mongole.

Le sujet s'est même invité mercredi au point de presse quotidien du porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga.

"Il est important que l'on sache ce qu'il s'est vraiment passé", a-t-il estimé.

"Beaucoup de gens souhaitent que les lutteurs donnent le meilleur d'eux-mêmes à l'entraînement (...) et qu'ils se conduisent en ayant à l'esprit la longue histoire" de ce sport, a-t-il ajouté.

"Nous sommes absolument opposés à la violence et nous devons l'éradiquer" a affirmé de son côté Daichi Suzuki, le commissaire de l'Agence japonaise du sport, en réagissant mardi à cette affaire devant des journalistes.


(©AFP / 15 novembre 2017 06h43)
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