Japon: un 3e réacteur nucléaire relancé malgré l'opposition écologiste

Tokyo - La compagnie d'électricité japonaise Kansai Electric Power a annoncé vendredi avoir redémarré un de ses réacteurs de la centrale nucléaire de Takahama (ouest), le troisième remis en service dans l'archipel, au grand dam des écologistes.

Nous l'avons relancé à 17H00 locales (08H00 GMT), a expliqué le groupe dans un communiqué, assurant prendre toutes les précautions avec l'aide de l'autorité de régulation nucléaire et ses fournisseurs pour assurer la sécurité, première priorité.

Un tribunal japonais avait infirmé il y a quelques semaines une décision de première instance qui bloquait le redémarrage de ce réacteur et d'un autre contigu (Takahama 4), malgré des feux verts techniques et politiques en amont.

Les écologistes s'opposent à cette relance, estimant que les autorités ont négligé la sécurité: risques sismiques, pas de plan d'évacuation, etc.

Le redémarrage aujourd'hui du réacteur nucléaire Takahama 3 témoigne de l'échec total de l'autorité de réglementation nucléaire du Japon à faire de la sécurité publique une priorité, a déclaré Greenpeace dans un communiqué.

L'organisme s'inquiète aussi du fait que 24 des 157 assemblages de combustible chargés dans le réacteur 3 de Takahama soient un mélange d'oxydes (Mox) fabriqué par le groupe français Areva et en partie issu du recyclage.

L'Autorité de régulation avait confirmé en février 2015 que les tranches Takahama 3 et 4 répondaient aux critères plus sévères imposés aux centrales nucléaires après la catastrophe de Fukushima en mars 2011. Après Takahama 3, Takahama 4 devrait être relancé dès février.

Ce couple de deux unités avait été le deuxième à obtenir le certificat de sûreté après les deux unités Sendai 1 et 2, qui sont actuellement les seules à avoir été remises en exploitation au Japon.

Il ne reste dans le pays que 43 unités potentiellement exploitables, contre 54 avant la catastrophe de Fukushima.

Fervent partisan de l'atome pour des raisons économiques, le gouvernement du Premier ministre conservateur Shinzo Abe plaide depuis trois ans pour que tous les réacteurs jugés sûrs par l'Autorité de régulation nucléaire soient relancés.

L'industrie nucléaire japonaise reste en crise profonde avec 40 réacteurs encore l'arrêt, dont beaucoup ne seront jamais redémarrés, souligne Shaun Burnie, spécialiste nucléaire de Greenpeace cité dans le communiqué.

Selon lui le potentiel des énergies renouvelables au Japon reste largement sous-exploité.

(©AFP / 29 janvier 2016 11h17)
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