Jérusalem: une milice chiite menace d'attaquer les forces américaines en Irak

Bagdad - Une puissante milice chiite irakienne pro-iranienne a menacé jeudi de s'attaquer aux forces américaines présentes dans le pays après la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Le puissant dirigeant chiite Moqata Sadr a appelé pour sa part le gouvernement irakien à fermer l'ambassade américaine alors que le ministre des Affaires étrangères, Ibrahim Jaafari, a convoqué l'ambassadeur américain en Irak pour protester contre la décision américaine.

"La décision de Trump (Donald Trump, le président américain) concernant Al-Qods (Jérusalem) légitime le fait de frapper les forces américaines en Irak", a affirmé Akram al-Kaabi, chef de la milice de Noujaba dans un communiqué.

Ce mouvement, né en 2013 est soutenu militairement par les Gardiens de la révolution islamique, l'armée d'élite du régime iranien.

Leur nombre serait autour de 1.500 et font partie des groupes para-militaires du Hachd al-Chaabi, créés en 2014 pour combattre l'organisation jihadiste Etat islamique (EI).

"La décision folle de Trump de faire de Jérusalem la capitale des sionistes ravive le soulèvement pour éliminer cette entité du corps de la nation islamique", a-t-il ajouté.

Officiellement, le Pentagone a affirmé que 5.262 militaires se trouvaient en Irak mais selon d'autres chiffres donnés de source militaire américaine ils seraient autour de 9.000

Lors d'une conférence de presse, Moqtada Sadr, chef de la milice "Brigades de la paix", qui fait aussi partie du Hachd al chaabi, a appelé le gouvernement à fermer l'ambassade américaine, située dans la "zone verte", secteur ultra-protégé de la capitale et assuré "qu'on pouvait atteindre Israël à partir de la Syrie".

S'exprimant dans la ville sainte chiite de Najaf, il a aussi demandé à la coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite de "cesser sa guerre au Yémen et d'utiliser ses avions pour libérer Al-Qods".

"La décision américaine heurte le sentiment des centaines de millions d'Arabes et de musulmans", a dénoncé de son côté le chef spirituel de communauté chiite d'Irak, l'ayatollah Ali Sistani.

En tout cas, a-t-il ajouté dans un communiqué, "cela ne changera pas le fait que Jérusalem est un territoire occupé qui doit revenir à la souveraineté des propriétaires légitimes palestiniens".


(©AFP / 07 décembre 2017 12h08)
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