Kosovo: déploiement des forces internationales avant la création d'une armée

Mitrovica (Kosovo) - Des mouvements des forces de maintien de la paix au Kosovo ont été constatés par une correspondante de l'AFP jeudi, veille du vote à Pristina d'une loi créant une armée kosovare qui suscite la colère des Serbes.

La Kfor, la force internationale menée par l'Otan, "a mené une activité d'entraînement classique, pour se tenir prête à se déployer rapidement dans tout le Kosovo" conformément à la résolution de l'Onu définissant son rôle, a indiqué dans un Tweet la force internationale. "Des convois ont été envoyés (mercredi) vers Prizren", dans le sud, et jeudi "vers le nord du Kosovo", majoritairement peuplé de Serbes, a-t-elle poursuivi.

Une correspondante de l'AFP a constaté que des véhicules de la Kfor, qui s'étaient rendus dans la matinée dans des secteurs majoritairement peuplés de Serbes, avaient repris la direction de leur base en début d'après-midi.

Environ 50 véhicules de la KFOR avaient été vus dans la matinée dans la ville divisée de Mitrovica, se dirigeant en direction de Leposavic, une autre commune peuplée majoritairement de Serbes. Une trentaine de véhicules ont été aperçus un peu plus tard près de Leposavic, garés le long de la route menant à la frontière avec la Serbie.

Le maire de cette municipalité, Zoran Todic, a expliqué à l'AFP ne "pas avoir été informé de cette activité et ne pas savoir ce qu'elle signifiait". "Ils sont lourdement armés et équipés pour empêcher des manifestations", a déclaré Zoran Todic.

Selon lui et d'autres habitants, plusieurs véhicules de la KFOR se sont dirigés vers le poste-frontière avec la Serbie de Jarinje.

Déployée au Kosovo depuis la guerre entre forces serbes et séparatistes kosovars albanais (1998-99, plus de 13.000 morts), la KFOR y compte plus de 4.000 hommes.

Elle est chargée d'assurer la sécurité de ce territoire.

Le Kosovo a déclaré en 2008 son indépendance que la Serbie ne reconnaît pas. Quelque 120.000 Serbes y vivent toujours. Leur fidélité va à Belgrade et ils ne reconnaissent pas l'autorité de Pristina.

Les dernières émeutes violentes dans les secteurs majoritairement serbes du nord du Kosovo remontent à 2012, quand les autorités kosovares y avaient envoyé la police prendre le contrôle de deux postes-frontières avec la Serbie.

Le parlement du Kosovo s'apprête à voter vendredi la création d'une armée, attribut à la souveraineté revendiquée par Pristina, mais motif supplémentaire de tensions avec la Serbie.

(©AFP / 13 décembre 2018 14h16)