L'Autriche hostile à l'élargissement de la zone euro souhaité par Juncker

Le chancelier autrichien social-démocrate Christian Kern, le 23 août 2017 à Salzbourg / © AFP/Archives / Bertrand GUAY
Les dirigeants autrichiens se sont déclarés jeudi hostiles au souhait du président de l'exécutif européen Jean-Claude Juncker de voir un maximum de pays de l'UE rejoindre la zone euro, Vienne rappelant le précédent de la crise grecque.

"Je considère ce concept comme irréfléchi", a déclaré le chancelier social-démocrate Christian Kern, soulignant que la priorité européenne devait aller à la lutte contre la fraude fiscale et le dumping social, et relevant que les critères de Maastricht devaient être strictement respectés.

"Tant que tout cela n'est pas réglé, un élargissement de la zone euro n'a aucun sens car il ne ferait qu'augmenter les problèmes", a-t-il relevé au micro de la radio publique Ö1, évoquant "l'exemple-type de la Grèce".

Dans son discours annuel sur l'état de l'Union mercredi, M. Juncker avait rappelé que l'euro avait "vocation à devenir la monnaie unique de toute l'Union européenne" et proposé la création "d'un instrument d'adhésion, offrant une assistance de pré-adhésion technique et parfois financière".

Le gouverneur de la Banque centrale autrichienne (OeNB) Ewald Nowotny, membre de l'exécutif de la Banque centrale européenne (BCE), a également fait part de ses réserves.

"La qualité doit passer avant la rapidité", a-t-il estimé, soulignant dans un communiqué que "dans l'intérêt de la stabilité à long terme de l'économie européenne", tout assouplissement des critères d'adhésion à l'euro devait être "strictement rejeté".

Le ministre des Affaires étrangères conservateur autrichien Sebastian Kurz, donné largement favori pour les élections législatives anticipées en Autriche le 15 octobre, a lui aussi agité le spectre grec.

"La zone euro et l'espace Schengen sont ouverts à tous ceux qui remplissent les critères. Si ces critères ne sont pas remplis, rien n'est possible. Nous devons éviter qu'une situation à la grecque se reproduise", a-t-il souligné.

Heinz-Christian Strache, chef du principal parti d'opposition, la formation d'extrême droite FPÖ, a rappelé que certains pays de l'UE n'étaient pas désireux de rejoindre la zone euro. "Visiblement, on veut contraindre ceux qui n'en veulent pas", a-t-il estimé, accusant M. Juncker d'être un "centralisateur" qui "n'a rien appris du Brexit".



(©AFP / 14 septembre 2017 14h32)
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