L'ONU s'alarme de la hausse des déchets électroniques et du peu de recyclage

Genève - L'ONU a mis en garde mercredi contre la multiplication partout dans le monde des déchets électroniques tels que téléphones mobiles, ordinateurs et réfrigérateurs, en appelant à un meilleur recyclage de ces rebuts souvent nocifs à la santé.

En 2016, un total de 44,7 millions de tonnes de déchets électroniques ont été produits dans le monde, un chiffre en augmentation de 8% par rapport à la précédente étude qui date de 2014, indique un rapport publié par l'Union internationale des Télécommunications (UIT), l'Université des Nations unies et l' Association internationale des déchets solides.

C'est l'équivalent de 4.500 tour Eiffel, a souligné le rapport, ajoutant que ce volume devrait augmenter "de façon significative" au cours des prochaines décennies.

D'ici 2021, la planète devra probablement faire face à des déchets électriques et électroniques de 52,2 millions de tonnes, principalement des appareils domestiques tels que réfrigérateurs et lave-linge, mais aussi de plus en plus de téléphones portables et d'ordinateurs.

En outre, ces déchets, qui peuvent être dangereux pour la santé et l'environnement, sont rarement recyclés ou éliminés de façon appropriée, et finissent dans des décharges ou dans des incinérateurs, a rappelé le rapport.

Seuls 20% des déchets électroniques, soit 8,9 tonnes, générés l'an dernier ont été recyclés, alors qu'on ignore ce qu'il est advenu de 76% du volume total disséminé sur la planète, a-t-il déploré.

- Urgent -

"Le traitement des déchets électroniques est une question urgente dans notre société dépendante du numérique, où l'utilisation des outils électroniques est sans cesse en augmentation", a déclaré le chef de l'UIT Zhao Houlin dans un communiqué.

Il existe également un argument économique derrière le recyclage: la valeur totale des matériaux présents dans ces déchets, dont l'or, est estimée à environ 55 milliards d'euros - plus que les économies nationales de la plupart des pays, a souligné le rapport.

Toutefois, un nombre croissant de pays adoptent des politiques de traitement de ces déchets.

Aujourd'hui, 66% de la population mondiale, dans 67 pays, bénéficie de ces politiques, contre 44% en 2014, a rappelé le rapport.

C'est une bonne nouvelle compte tenu du fait que les cycles de remplacement des portables et d'autres appareils sont de plus en plus courts, avec pour conséquence une explosion des montagnes de déchets électroniques.

L'experte en déchets électroniques de l'IUT, Vanessa Gray, a suggéré que les sociétés technologiques prennent en considération l'impact sur les déchets de la tendance à sortir constamment de nouvelles versions de leurs appareils.

Il y a "aussi des choses que l'on peut éviter, comme par exemple les câbles (...) qui ne sont pas compatibles avec différents appareils", a-t-elle relevé lors d'une conférence de presse à Genève.

L'une des pistes les plus prometteuses pour réduire ce type de déchets serait un système où le consommateur n'achèterait plus l'appareil, mais seulement les services qu'il propose, a déclaré à l'AFP Ruediger Kuehr, chargé du Programme des cycles durables à l'Université des Nations unies.

Si les sociétés conservent la propriété des appareils, avec des solutions de remplacement si nécessaire, elles auront un intérêt à les collecter et à les recycler, ce qui devrait "réduire de façon importante ou idéalement éliminer" les déchets électriques et électroniques, a-t-il expliqué dans un courriel.


(©AFP / 13 décembre 2017 16h00)
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