L'UE lance une seconde aide de 3 milliards d'euros pour les réfugiés en Turquie (officiel)

Bruxelles - La Commission européenne a donné son feu vert mercredi à une deuxième enveloppe financière de 3 milliards d'euros pour aider la Turquie à accueillir les réfugiés syriens sur son sol, comme promis il y a deux ans dans l'accord migratoire controversé conclu entre l'UE et Ankara.

Les 3 milliards d'euros d'une première enveloppe ayant été attribués à plusieurs dizaines de projets, l'exécutif européen "entame aujourd'hui la mobilisation de la deuxième tranche" du même montant pour "la facilité en faveur des réfugiés en Turquie", a-t-il indiqué dans un communiqué.

L'exécutif européen devra cependant encore se mettre d'accord avec les Etats membres sur l'origine des fonds, promis par l'UE à la Turquie dans le cadre de leur accord de mars 2016 destiné à freiner les arrivées massives de migrants sur les côtes grecques.

"Pour la Commission, il semble évident que l'on doit maintenir la même division" que pour la première tranche, à savoir un milliard d'euros provenant du budget de l'UE et le reste provenant des Etats membres, a déclaré devant la presse le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos.

Mais plusieurs pays ont déjà manifesté en coulisses leurs réticences à reproduire ce schéma.

Les 3 milliards d'euros de la première tranche ont été attribués à plus de 70 projets, dans le domaine de l'éducation ou encore de la santé des plus de 3 millions de réfugiés syriens se trouvant en Turquie. Selon la Commission, à fin décembre 2017, 1,85 milliard a été effectivement versé.

"Je vous assure que cet argent a été donné", a dit M. Avramopoulos, alors que la Turquie a à plusieurs reprises déploré la lenteur de l'aide financière promise par les Européens. "Maintenant nous sommes devant un nouveau budget analogue", a-t-il ajouté.

Dans son accord décrié de mars 2016 avec l'UE, la Turquie s'était engagée à freiner les traversées de la mer Egée et avait accepté que l'UE lui renvoie tous les nouveaux migrants arrivant en Grèce, y compris les demandeurs d'asile.

En contrepartie, l'accord prévoyait que "pour chaque Syrien renvoyé vers la Turquie depuis les îles grecques, un autre Syrien serait réinstallé depuis la Turquie vers l'UE".

Les Européens s'engageaient par ailleurs à verser 3 milliards d'euros pour financer des projets améliorant l'accueil des réfugiés en Turquie en 2016 et 2017, ainsi qu'un "financement additionnel" du même montant pour les deux années suivantes, mais sous conditions.


(©AFP / 14 mars 2018 10h53)
News les plus lues