L'agresseur d'un poste diplomatique iranien présenté comme un sympathisant islamiste

Vienne - L'homme de 26 ans abattu dimanche soir après avoir attaqué un soldat de garde devant la résidence de l'ambassadeur d'Iran à Vienne avait des "affinités avec l'islam politique", a annoncé mardi la directrice de la sécurité publique autrichienne.

Selon un examen préliminaire des données saisies à son domicile viennois, cet Autrichien d'origine égyptienne "avait clairement des affinités avec l'islam politique", a déclaré Michaela Kardeis, la directrice générale de la sécurité publique autrichienne, au cours d'une conférence de presse.

L'analyse approfondie du matériel saisi prendra "quelques jours", a-t-elle ajouté sans donner plus de détails sur le mobile de l'acte de cet homme, ni sur son profil.

Le ministère de la Défense a par ailleurs révélé que pendant son service militaire effectué en 2012, il s'était signalé comme un musulman très pieux, obtenant le droit d'effectuer cinq prières par jour et de porter la barbe.

Selon le quotidien Kurier, le suspect suivait également sur Facebook l'un des prédicateurs salafistes les plus connus en Allemagne, Pierre Vogel.

Sur les réseaux sociaux, il soutenait également un groupe Facebook militant pour "la libération des prisonniers sunnites en Iran", ajoute Kurier.

Une éventuelle piste terroriste n'est "ni exclue, ni confirmée", avait fait savoir la police lundi.

Au cours de l'attaque intervenue peu avant minuit (23h00 GMT) dimanche, l'agresseur et le soldat avaient roulé au sol et ce dernier avait été frappé d'un "nombre incalculable de coups de couteau", avait raconté la police. Le militaire a été blessé au bras et hospitalisé mais a eu la vie sauve grâce à son gilet de protection.

Le soldat a dans un premier temps fait usage d'un spray au poivre avant de tirer "au moins quatre balles". L'assaillant est mort sur place.

La police a ordonné un renforcement de la surveillance autour de toutes les représentations diplomatiques de Vienne.

L'Iran est l'un des principaux soutiens internationaux du régime syrien et a envoyé des conseillers militaires et des milliers de "volontaires" pour combattre le groupe État islamique (EI) en Syrie et en Irak.

Le 7 juin 2017, deux attentats contre le Parlement iranien et le mausolée de l'imam Khomeiny à Téhéran revendiqués par l'EI avaient fait dix-sept morts et des dizaines de blessés. Il s'agissait des premières attaques revendiquées par l'EI en Iran.

L'Autriche, si elle maintient un haut niveau d'alerte face au terrorisme, a été épargnée ces dernières années par la violence islamiste qui a touché de nombreux autres pays européens.

Elle abrite cependant un important vivier de jihadistes, majoritairement d'origine tchétchène ou bosniaque, si on rapporte leur nombre à ses 8,7 millions d'habitants.

Selon le ministère de l'Intérieur, quelque 300 candidats au jihad ont quitté ou tenté de quitter le territoire autrichien depuis 2011 pour aller combattre en Syrie et en Irak et une centaine s'y trouveraient encore.


(©AFP / 13 mars 2018 11h10)
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