L'opposition syrienne tient Damas responsable de la mort d'un de ses membres

Beyrouth - La principale instance de l'opposition syrienne a tenu samedi le gouvernement pour responsable de la mort mystérieuse d'un de ses membres après un accident de voiture dans la capitale Damas.

Mounir Darwich, écrivain de 80 ans, était le fondateur d'un groupe d'opposition basé au Caire et considéré comme "toléré" par le gouvernement du président Bachar al-Assad.

Il avait rejoint en novembre le Comité des négociations syriennes (CNS), qui avait remplacé le Haut comité des négociations (HCN), mais vivait toujours à Damas.

Dans un communiqué publié samedi, le CNS a déclaré que M. Darwich a été "percuté devant son domicile à Damas par un véhicule qui a pris la fuite", puis a été victime d'une élimination préméditée" la nuit dernière à l'hôpital.

"Nous tenons le régime tyrannique d'Assad responsable de la mort de Mounir Darwich", a fait savoir le CNS, qualifiant cet incident "d'assassinat".

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s'est dit "choqué et attristé", demandant dans un communiqué publié à Genève que "ceux qui sont impliqués soient identifiés et traduits en justice".

M. Darwich, qui avait participé au "Groupe du Caire" en juin et juillet 2017, y avait manifesté "un niveau élevé d'expertise et de pragmatisme", a ajouté M. de Mistura, saluant "ses connaissances et son humilité".

Firas al-Khalidi, qui dirige le "Groupe du Caire", a déclaré à l'AFP que la cause exacte de la mort restait floue.

Après l'accident, M. Darwich a subi une opération à la cheville à l'hôpital Mawasat de Damas et était en "excellente santé", en attendant sa sortie samedi, selon M. Khalidi.

"Vers minuit vendredi, ils ont appelé pour dire qu'il était mort. Je l'ai appris par son fils", a-t-il raconté.

Selon lui, M. Darwich n'avait pas quitté la Syrie depuis fin novembre par crainte pour sa sécurité, même si ses fils et sa femme vivaient à l'étranger.

"Il a clairement laissé entendre que des menaces pesaient" sur lui, a souligné M. Khalidi, sans accuser directement le gouvernement.

"A qui profite son assassinat, mis à part à ceux qui détestent la Syrie, le régime en tête?", a-t-il ajouté.

Déclenché en mars 2011 par la répression gouvernementale de manifestations pacifiques, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 340.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.


(©AFP / 13 janvier 2018 21h52)
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