L'Ossétie du Sud veut organiser un référendum pour rejoindre la Russie

Moscou - La république séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud a entamé des préparatifs pour un référendum sur son intégration à la Russie, malgré le peu d'enthousiasme manifesté par le Kremlin, a-t-on appris mardi auprès des autorités de cette région caucasienne.

Le président (de l'Ossétie du Sud) a pris hier l'initiative d'organiser ce référendum, a déclaré à l'AFP Tamara Kelekhsaïeva, porte-parole du dirigeant ossète Leonid Tibilov.

Selon le gouvernement ossète, M. Tibilov a évoqué la réunification de l'Ossétie du Sud et de la Russie au cours d'une rencontre lundi avec Vladislav Sourkov, influent conseiller du président russe Vladimir Poutine.

Nous devons faire un choix historique et nous réunir avec notre frère russe pour assurer la sécurité et la prospérité de notre république et de notre peuple pour les siècles à venir, a déclaré Leonid Tibiolov, cité dans un communiqué.

Sa porte-parole a assuré que la réaction de Vladislav Sourkov avait été positive, ajoutant qu'elle avait bon espoir que la majorité des 50.000 Ossètes se prononcent en faveur d'une intégration à la Russie.

Mardi, le Kremlin est cependant resté quasi muet sur le sujet. Tout le monde sait depuis longtemps que beaucoup en Ossétie du Sud sont en faveur d'une intégration à la Russie, a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

D'après ce que nous avons compris, c'est ce dont M. Tibilov parlait, a-t-il ajouté, sans faire plus de commentaires.

Les déclarations de Leonid Tibilov font partie de la politique d'annexion de territoires géorgiens par la Russie, a réagi un vice-ministre des Affaires étrangères de la Géorgie, Guigui Guiguiadzé.

Il n'y a rien de nouveau dans ce qu'a dit le représentant du régime d'occupation russe (M. Tibilov, ndlr). Cela contredit les normes du droit international et prouve une fois encore que la politique russe en Géorgie est (...) provocante, a-t-il ajouté.

Il est évident que le Kremlin n'a pas besoin d'un référendum. (...) La Russie ne veut pas couper définitivement ses liens avec la Géorgie, estime pour sa part Konstantin Kalatchev, directeur du Groupe d'expertise politique.

Pour Alexeï Tchesnakov, un politologue proche du Kremlin interrogé par l'AFP, l'organisation d'un référendum n'est pas pertinente.

Les accords de coopération (entre la Russie et la république séparatiste) n'impliquent pas que l'Ossétie du Sud fasse partie de la Russie et rien n'indique que ces accords seront remis en cause, a-t-il ajouté.

L'Ossétie du Sud a déjà voté à deux reprises au sujet d'un rattachement à la Russie. En 1992, cette proposition avait été acceptée tandis qu'un référendum organisé en 2006 avait montré que la majorité de la population souhaitait garder son indépendance.

La Russie a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud, unilatéralement déclarée en 1992, à l'issue d'une brève guerre qui l'a opposée à la Géorgie en août 2008, reconnaissant en même temps celle d'une autre république séparatiste géorgienne, l'Abkhazie.

En mars, Moscou a signé une série d'accords avec l'Ossétie du Sud lui permettant d'étendre son contrôle sur ce territoire de 3.000 m2 et de 50.000 habitants, ce qui avait provoqué la colère de Tbilissi.

(©AFP / 20 octobre 2015 16h43)