L'est de l'Ukraine sous la pression des séparatistes pro-russes

Des hommes armés en tenue de camouflage se sont emparés d'un commissariat de police à Slaviansk, dans l'est de l'Ukraine, a annoncé samedi le ministre ukrainien de l'Intérieur Arsen Avakov. "La riposte sera très dure parce qu'il y a une différence entre des manifestants et des terroristes", a-t-il ajouté.

Des séparatistes pro-russes occupent déjà depuis une semaine le siège des services de sécurité (SBU) à Louhansk et le bâtiment du gouvernement régional de Donetsk, deux villes de l'est russophone du pays, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière russe.

Vendredi, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk s'est voulu apaisant. Il a affirmé qu'il n'y avait "pas de voie pour la force", offrant des garanties aux séparatistes. Arsen Avakov avait menacé les séparatistes qui ne déposeraient pas les armes de recourir à la force.

Fédéraliser l'Etat

M. Iatseniouk s'est engagé à proposer avant l'élection présidentielle anticipée du 25 mai des révisions constitutionnelles pour équilibrer les pouvoirs entre le centre et les régions. Il a promis de ne toucher "sous aucun prétexte" aux lois garantissant le statut des langues autres que l'ukrainien.

Mais les séparatistes, soutenus par la Russie, exigent une "fédéralisation" de la Constitution ukrainienne. Ce que refuse le pouvoir pro-occidental de Kiev, qui y voit la porte ouverte à un éclatement du pays et refuse d'aller plus loin qu'une "décentralisation".

Pour tenter de dénouer la crise Est-Ouest suscitée par les événements d'Ukraine, la pire depuis la fin de la guerre froide, une réunion quadripartite se tiendra le 17 avril prochain à Genève entre l'Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l'Union Européenne.



(ats / 12.04.2014 10h38)