L'Allemagne veut donner un coup de collier aux économies d'énergie

Berlin - Le gouvernement allemand a annoncé jeudi plusieurs nouvelles initiatives pour promouvoir les économies d'énergie, un pilier peu connu et à la traîne de la transition énergétique du pays.

Un nouveau programme de subventions à la meilleure isolation des bâtiments, des soutiens publics à la recherche sur l'efficacité énergétique et les économies d'énergie, ou encore un programme d'installation de compteurs électriques intelligents permettant des économies de courant viendront s'ajouter à une kyrielle d'initiatives et de programmes qui existent déjà. En tout, ce sont 17 milliards d'euros de fonds publics qui doivent être alloués à ce poste d'ici 2020.

L'énergie la plus propre et la moins chère est celle qu'on n'utilise pas, a commenté le ministre de l'Economie Sigmar Gabriel en présentant les diverses initiatives.

L'Allemagne est lancée dans une transition énergétique de grande envergure qui doit voir passer la part des renouvelables dans la consommation brute d'électricité à 80% d'ici 2050. La réduction de la consommation énergétique à l'échelle du pays tout entier est un élément clé du projet, avec un objectif de réduction de 20% à l'horizon 2020 et de 50% d'ici 2050, par rapport à 2008.

Entre 2008 et 2014 la consommation d'énergie de l'Allemagne, première économie européenne, a baissé de plus de 8%, mais de nouvelles avancées sont nécessaires, a reconnu M. Gabriel.

Dans un rapport publié jeudi, Deutsche Bank a jugé que sans des progrès substantiels dans les économies d'énergie, la transition énergétique (allait) échouer. L'Allemagne est en tout cas partie pour manquer son objectif de baisse de consommation pour 2020, font valoir les experts, et la réalisation de celui pour 2050 dépend du progrès technologique, des structures économiques et de l'évolution moyenne des températures.

La transition énergétique, travaux d'Hercule selon la chancelière Angela Merkel qui en a fait son cheval de bataille, présente de toute façon un bilan mitigé. Si les renouvelables se sont taillé une place de choix dans le paysage électrique, les émissions de CO2, dont la réduction est un autre aspect important du projet, restent trop élevées, notamment à cause de celles des transports et de la place toujours prépondérante du charbon.

(©AFP / 12 mai 2016 13h28)

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