La BCE moins optimiste sur la croissance

Riga - La Banque centrale européenne a abaissé jeudi sa prévision de croissance pour 2018 en zone euro, à 2,1% contre 2,4% auparavant, mais s'attend désormais à une inflation à 1,7% cette année et l'an prochain, contre 1,4% auparavant.

Réunie à Riga, en Lettonie, l'institution monétaire intègre ainsi le coup de froid enregistré au premier trimestre sur la conjoncture, ainsi que les "incertitudes croissantes" nées des tensions commerciales entre Washington et ses principaux partenaires.

Pour l'an prochain, elle attend toujours une hausse du PIB de 1,9% en zone euro, suivie d'un ralentissement à +1,7% l'année suivante.

Le ciel se dégage en revanche côté inflation - seul critère explicitement prévu dans le mandat de la BCE -, avec une remontée stimulée par les prix de l'énergie mais aussi les hausses de salaires.

L'institution prévoit désormais une évolution des prix calée sur +1,7% dans les trois prochaines années, proche de son objectif légèrement inférieur à 2% à moyen terme.

La BCE se retrouve ainsi dans une situation inverse de l'année dernière, au cours de laquelle elle n'avait cessé de relever ses prévisions de croissance et d'abaisser ses pronostics d'inflation, perplexe face à cette configuration économique atypique.

Le retour à un schéma plus classique, où l'évolution des prix accompagne celle de la production, lui a permis jeudi de programmer la sortie progressive du vaste programme de rachats d'actifs mené depuis 2015.

Sauf déception sur l'inflation dans les prochains mois, les rachats d'obligations publiques et privées passeront de 30 milliards d'euros à 15 milliards d'euros mensuels entre octobre et décembre, avant de cesser à la fin de l'année.

(©AFP / 14 juin 2018 13h08)
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