La BRI identifie quatre risques à long terme pour l'économie

Zurich (awp/afp) - La Banque des règlements internationaux (BRI) a appelé dimanche à profiter de l'embellie conjoncturelle pour mettre en oeuvre des réformes structurelles, mettant en garde contre quatre risques, tels que l'inflation ou la montée du protectionnisme, qui pourraient miner la croissance à plus terme.

La BRI recommande d'alléger le fardeau qui pèse sur les banques centrales, reconstituer la marge de manoeuvre des pouvoirs publics sur leur politique budgétaire et monétaire, renforcer les mécanismes de régulation financière et de gestion des crises...

Dans son rapport annuel, la BRI, une institution considérée comme la banque centrale des banques centrales, a dressé une liste des mesures à mettre en oeuvre pour créer un socle plus robuste pour la croissance, alors que quatre défis pourraient compromettre son expansion à plus long terme.

Le premier risque tient à une éventuelle résurgence de l'inflation, qui a généralement été le déclencheur des récessions d'après-guerre.

La crise financière de 2007-2009, liée à l'effondrement d'un boom financier croulant sous son propre poids, avait fait figure fait exception, a fait valoir la BRI, qui s'est interrogée quant à savoir si le schéma économique classique de la spirale entre les prix et les salaires sera désormais aussi marqué que par le passé.

A cette question ouverte s'ajoutent le poids de la dette qui a considérablement augmenté dans les pays émergents mais aussi un possible ralentissement de la consommation alors que le pouvoir d'achat des ménages, eux aussi endettés, pourrait faiblir avec la remontée des taux d'intérêt, sans que l'investissement suffise pour prendre le relais.

Mais s'y ajoute surtout le risque d'un renoncement à la mondialisation, avec la montée du protectionnisme, dont les effets sont plus difficile à évaluer, mais potentiellement plus dévastateurs.

Le renforcement des échanges internationaux, qui va de pair avec une mondialisation de liens financiers, a contribué à une élévation substantielle des niveaux de vie au cours des cinquante dernières années, a insisté la BRI, tout en reconnaissant qu'elle n'était pas exempte de défis.

Dans certains pays, elle a par exemple coïncidé avec une augmentation des inégalités de revenu, a-t-elle pointé, tout en soulignant qu'il serait dangereux pour les États de rendre la mondialisation responsable des défaillances de leurs propres politiques.

"Les problèmes auxquels nous faisons face sont mondiaux; leurs solutions doivent être mondiales elles aussi", a mis en garde Claudio Borio, son chef du département économique et monétaire, expliquant "qu'il serait illusoire de penser et d'agir autrement".

afp/rp

(AWP / 25.06.2017 15h28)
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