La Bourse de Paris finit en net repli, lestée par la crise turque

La Bourse de Paris termine en nette baisse, affectée par le décrochage de la livre turque / © AFP/Archives / ERIC PIERMONT
La Bourse de Paris a fini en net recul vendredi (-1,59%), pénalisée par la crise de la devise turque qui a lourdement pesé sur le secteur bancaire.

L'indice CAC 40 a cédé 87,57 points à 5.414,68 points dans un volume d'échanges élevé de 4,4 milliards d'euros. La veille, il avait fini quasiment stable (+0,01%).

Après avoir ouvert en baisse, la cote parisienne a creusé ses pertes, cédant jusqu'à plus de 2% en cours de séance.

Sur la semaine écoulée, l'indice vedette de la place parisienne a reculé de 1,17%. Ses gains depuis le début de l'année sont de 1,92%.

La crise diplomatique opposant Washington à Ankara s'est accentuée vendredi, avec l'annonce par le président américain Donald Trump d'une forte augmentation des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs.

En réaction, la devise turque a perdu plus de 20% de sa valeur face au dollar durant la journée.

Or, la Banque centrale européenne a, selon le quotidien Financial Times, exprimé des inquiétudes sur une éventuelle exposition de certaines banques européennes à la crise monétaire du pays, citant notamment BNP Paribas.

Pour Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille chez Mirabaud France, "il y a une vraie pression suite à l'article du Financial Times".

Toutefois, "l'exposition de BNP Paribas à la Turquie est marginale. Nous sommes déjà dans des sanctions boursières qui vont bien au-delà de l'impact réel que pourrait avoir le problème turc sur BNP", nuance l'analyste.

En outre, estime-t-il, "le risque systémique est plus présent sur l'Italie que sur la Turquie, ce n'est pas du tout le même contexte. Il n'y a pas de raisons de craindre un effet +contagion+ de la Turquie" en Europe, même si cela a "un impact ponctuel sur des banques".

- Chute des bancaires -

"Il faut remettre cela dans le contexte du mois d'août: le marché regarde tous les prétextes pour s'agiter. Les nouvelles sont accentuées au-delà du raisonnable", conclut M. Rozier.

Du côté des indicateurs, l'agenda était plus fourni que les jours précédents.

Aux Etats-Unis, les prix ont légèrement augmenté en juillet, maintenant l'inflation sur un an à 2,9%, au plus haut depuis 2012, selon l'indice des prix à la consommation (CPI).

En France, la production industrielle s'est redressée de 0,6% en juin après avoir reculé de 0,2% le mois précédent.

La croissance économique du Royaume-Uni a accéléré à 0,4% au deuxième trimestre, après un mauvais début d'année.

En matière de valeurs, le secteur bancaire a fini en net repli. BNP Paribas a cédé 2,99% à 52,56 euros, Société Générale a reculé de 2,50% à 36,23 euros et Crédit Agricole de 2,05% à 12,18 euros.

Les valeurs minières ont également terminé dans le rouge, à l'instar d'ArcelorMittal (-2,86% à 26,68 euros) et d'Eramet (-4,23% à 82,70 euros).

Le secteur technologique a quant à lui été affecté par les perspectives prudentes évoquées par plusieurs géants non européens du secteur ainsi que par une note d'analyste évoquant un ralentissement dans le secteur. STMicroelectronics a lâché 4,91% à 18,03 euros, Soitec 5,30% à 66,95 euros et Atos 2,60% à 97,50 euros.

Sanofi a pris la tête du CAC (+0,75% à 73,71 euros), dopé par un relèvement de sa recommandation par Citi.

A l'inverse, Gecina a été pénalisé (-2,13% à 146,70 euros) par un abaissement de sa recommandation par ING Bank.



(©AFP / (10 août 2018 18h17)


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