La Bourse de Paris se replie sur fond d'inquiétude liée à la remontée des taux américains

La Bourse de Paris finit dans le rouge / © AFP/Archives / ERIC PIERMONT
La Bourse de Paris se repliait nettement jeudi matin, perdant 1,09%, dans la foulée des chutes de Wall Street et des marchés asiatiques, dans un contexte dominé par l'inquiétude vis-à-vis de la remontée des taux d'intérêt américains.

À 09H40, l'indice CAC 40 perdait 56,94 points à 5.149,28 points. La veille, il avait déjà fini en fort recul de 2,11%.

Cette ouverture dans le rouge s'inscrit "dans le sillage du carnage boursier sur les marchés américains" de la veille, ont relevé les experts de Mirabaud Securities Genève.

"La nervosité devrait se poursuivre en tout cas jusqu'aux chiffres de l'inflation américaine de septembre (attendus dans l'après-midi, ndlr) qui pourraient alimenter (ou non) le rendement" des obligations, ont-ils ajouté.

Cette fuite des investisseurs s'inscrit dans un contexte de fin de la politique très accommodante de la banque centrale américaine (Fed), engagée dans un processus de hausse des taux d'intérêt.

Les rendements obligataires américains sont soudainement remontés la semaine dernière, après des propos du président de la Fed Jérôme Powell, qui a laissé entendre que l'institution pourrait encore durcir sa politique monétaire en raison de la conjoncture économique favorable.

"La perspective de taux d'intérêt plus élevés inquiète les investisseurs étant donné qu'elle signifie des coûts d'emprunt plus élevés pour les entreprises et les particuliers", a précisé David Madden, un analyste de CMC Markets.

Les investisseurs sont également "inquiets des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine et de leur impact sur la croissance chinoise", ont estimé les analystes du courtier Aurel BGC.

Ils "jugent que le secteur technologique serait le principal touché par un ralentissement plus marqué de l'activité chinoise", ont-ils complété.

Côté européen, les finances italiennes continuaient de susciter des craintes chez les opérateurs.

"L'Italie continue de s'opposer à l'Union européenne", a rappelé M. Madden.

Le gouvernement populiste italien a réaffirmé mercredi qu'il ne modifierait pas ses prévisions budgétaires --comprenant notamment un déficit public à 2,4% du PIB l'an prochain-- malgré les avertissements des marchés et des partenaires européens, désormais rejoints par plusieurs institutions italiennes.

L'Italie, en tant que membre de la zone euro, doit "respecter les règles du club" en termes de discipline budgétaire, a par ailleurs insisté jeudi la directrice générale du FMI Christine Lagarde.

- Le luxe à nouveau mal orienté -

Du côté des indicateurs, en France l'inflation a légèrement ralenti en septembre, à +2,2% contre +2,3% en août, selon les données définitives de l'Insee.

Le ministère allemand de l'Economie doit donner ses projections de croissance pour 2018, 2019 et 2020.

Le reste de l'agenda était essentiellement américain, avec les prix à la consommation pour septembre, les demandes hebdomadaires d'allocation chômage et le rapport hebdomadaire sur les stocks de pétrole.

En matière de valeurs, le secteur du luxe restait mal orienté, au lendemain d'un plongeon sur fond de craintes d'un ralentissement des ventes en Chine. Kering perdait 1,57% à 375,30 euros, Hermès 1,11% à 499,80 euros et LVMH 0,66% à 263,55 euros.

Le secteur technologique évoluait en ordre dispersé, au lendemain d'une forte chute des valeurs technologiques à Wall Street. STMicroelectronics résistait (+0,35% à 14,19 euros) tandis que Soitec lâchait 1,07% à 55,25 euros.

Capgemini était pénalisé (-1,05% à 103,45 euros) par un abaissement de sa recommandation à "neutre" contre "acheter" précédemment par Oddo BHF.

Le secteur bancaire évoluait dans le rouge, sur fond de craintes liées aux finances italiennes. Crédit Agricole cédait 1,97% à 12,26 euros, Société Générale 1,62% à 36,06 euros et BNP Paribas 1,17% à 50,87 euros.

Parmi les rares valeurs dans le vert, Ingenico s'envolait de 14,52% à 72,06 euros, dynamisé par l'intérêt manifesté par Natixis, qui perdait 3,09% à 5,46 euros. La filiale cotée d'investissement, de financement et d'assurances du groupe bancaire mutualiste BPCE a indiqué envisager un "rapprochement industriel" de ses activités de paiement avec celles du groupe spécialisé.

Faurecia glissait de 0,87% à 45,67 euros, après avoir confirmé ses objectifs annuels en publiant une hausse de 5,9% de son chiffre d'affaires au troisième trimestre, à 4,01 milliards d'euros.



(©AFP / (11 octobre 2018 10h11)


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