La Chine promet à l'Europe centrale et de l'est une coopération vigoureuse

Belgrade - Le Premier ministre chinois Li Keqiang rencontre mardi à Belgrade les Premiers ministres et hauts représentants de 16 États d'Europe centrale et de l'est, friands d'investissements étrangers, auxquels Pékin proposera d'établir une coopération vigoureuse.

Nous adopterons des mesures plus flexibles, en particulier des formes diversifiées d'investissements (...) afin d'assurer un soutien plus vigoureux aux projets de coopération entre la Chine et l'Europe de l'est, a déclaré à la veille de ce sommet le numéro deux de la diplomatie chinoise Wang Chao.

Pékin, qui dispose d'importantes réserves de devises, souhaite développer sa présence en Europe centrale et orientale, une région jugée stable et en plein essor et s'intéresse à l'infrastructure, l'énergétique, l'agriculture et l'industrie.

La Hongrie s'affiche comme le meilleur élève des pays de la région et a attiré 2,4 milliards d'euros d'investissement chinois en 2013.

La politique d'ouverture à l'est de la Hongrie a rencontré celle de Pékin d'ouverture à l'ouest, explique l'ambassadeur chinois à Budapest Xiao Qian soulignant que Budapest joue un rôle majeur dans la région.

A long terme, la Hongrie souhaite être un lien entre l'UE et la Chine dans les technologies de pointe, alors que Pékin veut s'introduire dans le secteur financier et installer à Budapest la filiale régionale de la Banque de Chine.

Dans les Balkans, dont tous les pays ne sont pas membres de l'UE et donc moins sujets aux strictes règlementations de Bruxelles et plus particulièrement en Serbie, Pékin trouve des interlocuteurs plus réceptifs à ses intérêts.

La Chine a déjà signé avec Belgrade un accord d'un milliard d'euros pour la reconstruction de la principale centrale thermique du pays, à Obrenovac, et la construction d'une nouvelle unité de production dans celle de Kostolac.

En marge du sommet, M. Li, le premier chef de gouvernement chinois à se rendre en Serbie en près de 30 ans, va inaugurer un pont de 1,5 km sur le Danube à Belgrade dont la valeur est de 136,5 millions d'euros. Il s'agira du premier grand projet d'infrastructure de son pays en Europe.

Il devrait, de plus, signer un accord sur un autre projet capital concernant la construction d'une voie ferrée pour trains à grande vitesse entre Belgrade et Budapest d'ici à 2017.

- L'impact des sanctions russes contre l'UE -

Certains pays, comme la Pologne espèrent augmenter leurs exportations vers la Chine et contourner les effets négatifs des sanctions imposées par Moscou à l'Union européenne en réponse à celles que Bruxelles a introduit contre la Russie en liaison avec la crise ukrainienne.

Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Europe centrale et de l'est sont en hausse -- 48 milliards d'euros en 2014, soit 3,9 milliards d'euros de plus qu'en 2013 --, mais comme avec la plupart des 16 pays européens le géant asiatique enregistre un excédent net avec la Pologne.

Nous espérons vendre nos produits alimentaires à la Chine (...) la Russie était un grand marché pour nous, a indiqué le professeur polonais Bogdan Goralczyk de l'Institut de développement de l'Europe centrale et orientale (CEED), basé à Varsovie.

Augmenter le volume des investissements, resté en dessous des attentes affichées lors des précédents sommets, en 2012 à Varsovie, lorsque la Chine avait promis des lignes de crédit de 10 milliards d'euros, et en 2013 à Bucarest, sera le thème directeur du sommet à Belgrade.

En Pologne, ils s'élevaient en 2013 à près de 300 millions d'euros, selon la Banque nationale. En République Tchèque, Slovaquie, Slovénie et dans les pays Baltes, ce montant est plutôt d'ordre symbolique.

La Roumanie est arrivée à un accord pour la construction en 2014 d'une centrale électrique d'une valeur d'un milliard d'euro, mais les investissements chinois ont chuté passant de 114 millions d'euros en 2013 à 45 millions en 2014.

Fin octobre, la Chine a accordé un crédit de 687 millions d'euros au Monténégro pour financer la construction d'un tronçon d'autoroute et a conclu avec la Bosnie un accord préliminaire sur la construction de 62 km d'une autoroute la reliant avec la côté adriatique.

Pékin est intéressé également à investir dans des ports sur l'Adriatique, notamment en Croatie et en Albanie, mais aucun accord n'a jusqu'à présent été conclu.

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(©AFP / 14 décembre 2014 10h00)