La Commission demande des explications sur le budget italien

La Commission européenne a demandé mardi à sept des 19 membres de la zone euro des éclaircissements sur leurs prévisions budgétaires. Elle s'inquiète particulièrement pour l'Italie, Chypre et la Finlande, qui ne respectent pas les objectifs européens.

La Belgique, le Portugal, l'Espagne et la Lituanie, pour des raisons différentes, ont également reçu des courriers de la Commission leur demandant des explications. "Pour l'Italie, Chypre et la Finlande, on a un vrai problème", a affirmé une source européenne, qui estime que ces trois pays pourraient voir leur budget retoqué.

L'Italie notamment, troisième économie de la zone euro, a prévu un déficit public de 2,3% du PIB en 2017, bien supérieur aux attentes de Bruxelles, en raison des dépenses liées à l'accueil des migrants et des conséquences du tremblement de terre d'août.

Eclaircissements réclamés
"Nous aurions besoin d'éclaircissements (de la part de Rome) sur les montants inclus dans le projet de budget pour examen en tant que 'dépenses exceptionnelles'", écrivent les commissaires Valdis Dombrovskis et Pierre Moscovici, en charge des questions budgétaires.

Dans ce courrier, la Commission souligne également qu'elle a fait preuve de mansuétude en 2015 et 2016 en contrepartie de la mise en oeuvre dès 2017 de mesures visant à réduire le déficit.

Le projet de budget présenté la semaine dernière par Matteo Renzi prévoit une hausse du déficit budgétaire structurel de 0,4 point de pourcentage l'année prochaine à 1,6% du produit intérieur brut (PIB). Ce alors que les ministres des Finances avaient prévu une diminution de 0,6 point à 0,6% du PIB.

L'Italie a promis en mai à la Commission de limiter son déficit budgétaire à 1,8% l'année prochaine au lieu de 2,4% attendus en 2016. Mais les engagements budgétaires adressés à Bruxelles situent le déficit budgétaire 2017 à 2,3% du PIB.

Capables de tenir leurs engagements ?
La Commission a également adressé des courriers à la Belgique et au Portugal, bien que leurs projets de budget soient en conformité avec les objectifs, car elle doute de leur capacité à s'y tenir. Ces deux pays doivent eux aussi envoyer une réponse avant jeudi.

Enfin, Bruxelles invite l'Espagne et la Lituanie, dont les gouvernements sont en cours de constitution, à lui envoyer "dans les jours à venir" un projet de budget actualisé.

L'Espagne et le Portugal, qui ont laissé déraper leurs déficits, ont jusqu'à présent échappé aux sanctions de Bruxelles, mais ils sont toujours sous le coup d'une éventuelle suspension des fonds structurels.

La Commission européenne s'est fixée jusqu'à lundi pour valider ou non les budgets présentés mi-octobre par les pays membres de la zone euro. En cas de rejet - ce qui serait inédit -, "la Commission demanderait un projet de budget révisé sous trois semaines", a précisé la source européenne.

(ats / 25.10.2016 23h41)