La Commission européenne met l'Italie en garde sur les dérapages budgétaires

Berlin - La Commission européenne a mis en garde mardi le nouveau gouvernement italien contre des dérapages budgétaires en rappelant au pays qu'il figurait parmi les plus endettés de la zone euro.

"La Commission européenne ne se mêle pas par principe de la politique nationale. Mais pour nous il est important que le nouveau gouvernement italien maintienne le cap et mène une politique budgétaire responsable", a déclaré le vice-président de la Commission européenne en charge de l'euro, Valdis Dombrovskis, dans une interview publiée par le quotidien économique allemand Handelsblatt.

"L'Italie a l'endettement public le plus élevé de la zone euro après la Grèce", a-t-il rappelé en forme d'avertissement, alors que le coût d'emprunt du gouvernement italien pour financer ses déficits sur les marchés financiers s'est accru ces derniers jours.

Le Mouvement 5 étoiles et la Ligue ont proposé lundi Giuseppe Conte, un juriste de 54 ans, pour diriger le premier gouvernement populiste d'un pays fondateur du projet européen.

Le programme adopté par les deux mouvements contient plusieurs mesures de nature à creuser le déficit public et la dette.

"Nous ne pouvons que conseiller de maintenir le cap en matière de politique économique et financière, de promouvoir la croissance via des réformes et de maintenir le déficit budgétaire sous contrôle", a dit à ce sujet le vice-président de la Commission.

Le chef de file de la Ligue Matteo Salvani a déjà rejeté plusieurs mises en garde sur ce sujet de partenaires européens.

Il a qualifié d'"inacceptables" des avertissements du ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, qui se disait inquiet pour la stabilité de la zone euro.

M. Salvini a aussi vivement réagi à une mise en garde d'un responsable du parti conservateur de la chancelière allemande Angela Merkel, Manfred Weber. "Qu'il s'occupe de l'Allemagne, et nous nous occuperons de ce qui est bon pour les Italiens", a-t-il lancé sur Twitter.

M. Weber a accusé au cours du week-end les deux partis italiens de "jouer avec le feu car l'Italie est très endettée". "Des actions populistes ou irrationnelles pourraient provoquer une nouvelle crise de l'euro", a-t-il dit à l'agence de presse allemande DPA.

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(©AFP / 22 mai 2018 06h55)