La France prendra de nouvelles mesures pour réduire la dette cette année (Le Maire)

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à Lyon, le 9 novembre 2017. / © AFP / PHILIPPE DESMAZES
Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé jeudi de nouvelles mesures dès cette année pour réduire l'endettement de la France et a écarté toute "cagnotte" au cas où les recettes seraient plus élevées que prévu.

"Nous devons réduire notre dette parce que cela nous expose à une remontée des taux d'intérêt et que c'est de l'argent dilapidé", a affirmé M. Le Maire lors d'une conférence à Bercy.

"Nous prendrons dès 2018 un certain nombre de mesures pour aller dans cette direction", a-t-il ajouté, aux côtés de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

"Il n'y aura pas de cagnotte", a-t-il assuré par la suite lors d'un bref point presse. "Tous ceux qui parient sur une cagnotte seront déçus, parce qu'il n'y en aura pas."

"Dans les mois qui viennent, s'il y a des recettes fiscales supplémentaires liées à la croissance, elles iront en priorité au désendettement de la France", a-t-précisé. Mais "cela peut aller au-delà des rentrées fiscales", a-t-il ajouté.

Lors de cette conférence intitulée "Transformer l'économie française", M. Le Maire avait mis en garde contre la hausse attendue des taux d'intérêt.

"Nous savons que l'augmentation des taux d'intérêt pèsera sur les charges de la dette française", a-t-il expliqué, précisant qu'une hausse de 1% des taux représentait "3 milliards d'euros jetés par la fenêtre".

Selon lui, la dette est "un poison pour l'économie française". "Elle pèse sur la croissance. Elle pèse sur notre compétitivité et constitue une menace pour les générations futures", a-t-il prévenu.

M. Le Maire a profité de cette conférence pour assurer que la France tenait ses engagements européens.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, au ministère de l'Economie à Paris, le 15 février 2018 / © AFP / ERIC PIERMONT
"Il faut juger les gens à leurs actes et les nations à leurs décisions", a-t-il déclaré. "Nous avons pris toutes les décisions nécessaires en matière de dépense publique en 2017 pour être sous les 3% de déficit", a-t-il rappelé.

"Que l'on ne dise pas non plus que nous ne réduisons pas la dépense publique", a-t-il poursuivi, citant comme exemple la réduction "massive" des emplois aidés, une mesure qu'il a présentée comme "un choix politique courageux".

"C'est bien la preuve qu'il ne faut pas ranger la France du côté des cigales. C'est injuste et c'est faux", a-t-il affirmé, appelant à mettre fin à cette "caricature".

Selon les dernières prévisions de Bercy, le déficit public devrait s'établir à 2,9% du PIB en 2017, passant pour la première fois depuis dix ans sous la barre des 3% exigée par les traités européens. En 2018, il devrait atteindre 2,8%.

Dans son dernier rapport annuel au début du mois, la Cour des comptes avait malgré tout mis en garde le gouvernement contre tout "relâchement", appelant l'Etat à accélérer les réformes pour réduire son niveau de dépenses.

La dette publique, fruit de l'accumulation des déficits, devrait encore augmenter en 2017 et se stabiliser en 2018 à 96,8% du PIB, soit plus de 2.200 milliards d'euros.



(©AFP / 15 février 2018 12h32)