La Grèce "a pris des mesures" contre des diplomates russes pour atteinte à sa sécurité (gouvernement)

Athènes - La Grèce "a pris des mesures pour garantir l'intérêt national" après une "ingérence" de responsables russes dans le règlement de la dispute entre la Grèce et l'ex-République yougoslave de Macédoine, ont indiqué mercredi des sources gouvernementales à l'AFP.

Le pays a "déjà pris" ces mesures, a précisé une de ces sources, alors que la première avait auparavant indiqué qu'elles allaient être prises.

"Le gouvernement grec veut des bonnes relations avec tous les États, mais ne peut pas accepter des attitudes violant le droit international et ne respectant pas les autorités grecques", a par ailleurs déclaré le porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos, à la télé Skaï.

"Dans ce cadre, des mesures ont été prises", a-t-il ajouté.

Ni M. Tzanakopoulos ni les sources n'ont toutefois confirmé la nature de ces "mesures", ni fourni plus de détails.

Elles commentaient un article du quotidien grec Kathimerini, citant des sources diplomatiques, selon lequel Athènes s'apprêtait à "immédiatement expulser deux diplomates, dont Victor Yakovlev, un employé de l'ambassade de Russie à Athènes", et à interdire l'entrée du pays à deux autres.

"Il y a eu un problème d'ingérence dans le dossier macédonien" a seulement précisé une de ces sources.

Selon la télévision publique Ert1, les responsables visés ont été interpellés "la semaine dernière en flagrant délit". Toujours selon Ert1, Athènes leur reproche d'avoir tenté d'influencer la communauté monastique du Mont-Athos (dans le nord-est), réputée pour son sourcilleux patriotisme, et des autorités locales du nord du pays pour impulser des manifestations contre l'accord avec Skopje.

"La Russie va prendre des mesures réciproques, comme c'est le cas habituellement dans de telles circonstances", a pour sa part indiqué à Moscou un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères à l'AFP.

Une des sources gouvernementales grecques a toutefois souligné qu'Athènes "maintient des canaux de communication" avec la Russie, avec laquelle la Grèce "n'a pas de problèmes".

Elle a voulu pour preuve de cette amitié traditionnelle entretenue entre Athènes et Moscou l'attitude grecque lors de l'affaire de l'empoisonnement en Grande-Bretagne de l'ex-agent double russe Serguei Skripal.

La Grèce n'avait alors pas expulsé de diplomate russe, comme d'autres de ses partenaires l'avaient fait.

Athènes et Skopje ont signé mi-juin un accord pour résoudre leur différend vieux de 27 ans sur l'usage du nom de Macédoine, visant notamment à lever le verrou grec à l'entrée dans l'OTAN de la petite ex-république yougoslave.

L'Alliance doit prendre acte mercredi de cette avancée lors de son sommet à Bruxelles en stipulant qu'elle est prête à intégrer l'ex-République yougoslave de Macédoine une fois l'accord, qui prévoit le changement de nom de cet État en "Macédoine du Nord", pleinement appliqué à Skopje, soit dans plusieurs mois.

Des centaines de milliers de Grecs avaient manifesté en février et en mai contre la perspective d'un accord sur le partage du nom de Macédoine avec l'État voisin, finalement conclu par le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras en dépit d'une forte opposition de la droite et des milieux nationalistes.

Une série de nouveaux rassemblements de protestation ont été organisés depuis la conclusion officielle de cet accord, mais avec une faible mobilisation au delà des cercles les plus nationalistes et des troupes du parti néonazi Aube Dorée.

(©AFP / 11 juillet 2018 10h12)
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