La Hongrie contre une suspension du projet gazier South Stream

Belgrade - Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s'est prononcé mardi à Belgrade contre une suspension du projet gazier russo-italien South Stream, tout en assurant du soutien de son pays à l'Ukraine, dans la dispute économico-politique qui l'oppose à la Russie.

La Hongrie va construire South Stream car il va sécuriser notre approvisionnement en énergie. Nous n'allons pas nous permettre de nous retrouver dans une situation où l'on dépendrait de l'Ukraine pour notre approvisionnement en gaz, a dit M. Orban à la presse après avoir rencontré son homologue serbe, Aleksandar Vucic.

Nous soutenons l'Ukraine (...), mais nous sommes responsables devant nos citoyens quant à l'approvisionnement en énergie, a-t-il poursuivi.

Ceux qui nous disent qu'on ne devraient pas construire South Stream doivent nous offrir une alternative car nous ne pouvons pas vivre sans énergie, a encore ajouté le chef du gouvernement hongrois.

La Bulgarie a suspendu récemment les préparations des travaux de construction du tronçon bulgare de South Stream, après que Bruxelles a argué que les règles européennes pour les marchés publics n'avaient pas été respectées.

Belgrade - qui a démarré en janvier ses négociations d'adhésion à l'UE et qui entretient des relations privilégiées avec la Russie -, est dans l'embarras quant à l'attitude à adopter par rapport à Moscou depuis l'annexion de la Crimée par la Russie, qui fait l'objet de sanctions de la part de l'UE et des États-Unis.

Toutefois, Belgrade a affirmé à la mi-juin sa volonté de poursuivre les travaux de construction sur le tronçon serbe de South Stream.

Mardi, le Premier ministre serbe a annoncé qu'il effectuerait une visite à Moscou les 7 et 8 juillet, durant laquelle il allait oeuvrer pour la conclusion d'un accord dans le respect des règles de l'UE, tout comme des intérêts de la Serbie.

Les travaux de construction du tronçon serbe de South Stream, évalués à 1,9 milliard d'euros, ont débuté en novembre 2013.

Le projet russo-italien South Stream, dont le chantier a été officiellement lancé en décembre 2012, reliera sur 3.600 kilomètres la Russie à la Bulgarie, pour se diriger ensuite vers l'Europe occidentale via la Serbie, la Hongrie et la Slovénie. Il aura une capacité de 63 milliards de m3 par an.

(©AFP / 01 juillet 2014 16h58)