La Russie demande à Bruxelles de réecrire l'accord d'association UE-Ukraine

Bruxelles - La Russie a demandé que l'UE s'engage à amender son accord d'association avec l'Ukraine, dans le cadre des discussions censées dissiper les craintes de Moscou sur la mise en oeuvre de l'accord de libre-échange qu'il inclut, selon un courrier obtenu par l'AFP.

Dans cette lettre datée de lundi et adressée au commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, le ministre russe de l'Economie, Alexeï Oulioukaïev, demande que soit fixé un mandat clair aux discussions trilatérales prévues entre les trois parties sur les relations commerciales UE-Kiev. Soit la préparation de propositions pour des amendements à l'accord d'association de l'Ukraine avec l'UE, peut-on lire dans ce texte.

Un responsable européen a confirmé l'existence de ce courrier, indiquant que la Commission préparait une réponse.

Les amendements requis doivent permettre des formules juridiquement contraignantes pour dissiper les inquiétudes de la partie russe, ajoute le ministre dans son courrier. L'accord d'association a été ratifié en grande pompe mardi par les Parlements ukrainien et européen.

Avant cette étape, qui doit être suivie par une ratification par chacun des Etats membres de l'UE, Bruxelles avait toutefois annoncé le report à début 2016 de la mise en oeuvre de l'accord de libre-échange, qui en constitue le volet commercial.

Cette décision avait été annoncée par M. De Gucht à l'issue d'une rencontre à Bruxelles avec le ministres ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine, et M. Oulioukaïev.

Les parties poursuivront les consultations sur la façon de répondre aux inquiétudes soulevées par la Russie, avaient précisé ces trois interlocuteurs dans un communiqué commun.

Justifié par la Commission par la nécessité de ne pas jeter de l'huile sur le feu alors que s'engage un processus de paix et de sécurité plus large, cet ajournement a suscité la controverse en Ukraine, interprété comme un recul face à Moscou.

La Russie estime que l'Ukraine ne peut pas profiter de liens commerciaux privilégiés à la fois avec elle et avec l'UE. La chancelière allemande, Angela Merkel, a plaidé pour la prise en compte de ces préoccupations russes.

En acceptant d'en discuter, la Commission avait toutefois exclu toute négociation avec la Russie sur le contenu même de l'accord avec l'Ukraine, limitant le débat aux modalités de mise en oeuvre.

Le texte est désormais finalisé et ratifié et la seule manière de la changer serait que l'UE et l'Ukraine rouvrent des négociations, a souligné à l'AFP le même responsable européen. Nous pensons qu'il peut être répondu aux inquiétudes (russes) dans le cadre de l'accord existant, a-t-il réitéré.

(©AFP / 19 septembre 2014 19h13)
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