La Russie et la Syrie n'ont pas encore permis l'accès de la mission de l'OIAC à Douma, selon Londres

La Haye - La mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), sur place en Syrie pour enquêter sur l'attaque chimique présumée perpétrée à Douma, n'a pas encore eu accès au site, selon le Royaume-Uni.

Au cours d'une réunion d'urgence du conseil exécutif convoquée lundi, au siège de l'OIAC à La Haye, le directeur général de cette organisation, Ahmet Uzumcu, a fait part de l'évolution de la mission d'enquête envoyée à Damas samedi, au coeur de crispations internationales après l'attaque présumée aux "gaz toxiques" qui a fait des dizaines de morts à Douma selon des secouristes.

"La Russie et la Syrie n'ont pas encore autorisé l'accès à Douma. Accès sans entrave essentiel. La Russie et la Syrie doivent coopérer", a déclaré lundi l'ambassade britannique à La Haye dans un tweet.

Moscou, grand allié du régime syrien, s'est engagé à "ne pas s'ingérer" dans le travail de la mission de l'OIAC, officiellement invitée par les autorités de Damas qui nient toute responsabilité dans le drame de Douma.

Mais lundi, les experts de l'OIAC, arrivés sur place samedi et qui ont pour mandat d'enquêter sur l'utilisation éventuelle d'armes chimiques mais pas d'en identifier les auteurs, n'ont pas encore pu accéder à Douma.

La délégation britannique à l'OIAC avait auparavant exhorté l'OIAC à "demander des comptes aux auteurs de l'attaque de Douma", sans quoi le monde risquerait "d'autres utilisations barbares d'armes chimiques, en Syrie et ailleurs".

"Le régime syrien a une réputation odieuse d'utiliser des armes chimiques contre son propre peuple. L'utilisation d'armes chimiques est devenue une arme de guerre trop régulière dans le conflit syrien", a déclaré l'ambassadeur britannique, Peter Wilson, appelant les Etats membres de l'OIAC à prendre leurs "responsabilités".

"Ne pas agir pour demander des comptes aux auteurs ne fera que créer le risque d'autres utilisations barbares d'armes chimiques, en Syrie et ailleurs", a poursuivi M. Wilson.

Accuser la Russie d'entraver l'accès à Douma est "sans fondement", a quant à lui réagi le Kremlin.


(©AFP / 16 avril 2018 12h03)
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