La Russie prête à examiner une demande d'aide financière de la Grèce

Moscou - La Russie examinera un éventuel appel au financement du gouvernement grec, qui subit comme elle la ligne illégitime des Occidentaux, a assuré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui recevait son homologue grec, Nikos Kotzias.

En ce qui concerne les questions économiques, nous avons discuté aujourd'hui de la situation financière de la Grèce, qui est également dans une situation difficile en raison de la ligne unilatérale, illégitime de nos collègues occidentaux, a indiqué le ministre russe lors d'une conférence de presse avec M. Kotzias.

Si le gouvernement grec s'adresse à nous, cet appel sera bien examiné par la Russie, a assuré M. Lavrov.

Le chef de la diplomatie russe a aussi salué la ligne constructive du gouvernement grec qui se prononce pour le développement de notre partenariat stratégique sans tenter de le politiser, de le teinter d'idéologie ou de sacrifier les ambitions géopolitiques d'Etats tiers, en une référence à l'Ukraine, que la Russie accuse d'être pilotée par les Occidentaux.

Nous apprécions la position du gouvernement grec, qui comprend qu'il est absolument contre-productif de tenter de parler dans la langue des sanctions avec la Russie, a souligné M. Lavrov.

Le ministre russe a aussi discuté avec son collègue grec les excellentes perspectives d'un partenariat gréco-russe dans le secteur de l'énergie, compte tenu de l'intérêt d'Athènes pour le gazoduc que la Russie compte construire via la Turquie jusqu'à la frontière grecque pour livrer du gaz aux Européens.

Le nouveau gouvernement grec, élu le 25 janvier, ne cache pas ses sympathies pro-russes, suscitant des interrogations sur une possible réorientation stratégique de la diplomatie du pays membre de l'UE depuis 1981.

Le Premier ministre, Alexis Tsipras, et le ministre de la Défense, Panos Kammenos, ont tous deux été invités par le gouvernement russe à se rendre à Moscou dans les prochains mois.

M. Kammenos a déclaré lundi soir dans une interview à la chaîne privée Mega que la Grèce avait un autre plan au cas où elle ne parviendrait pas à un accord avec l'UE sur un financement d'urgence.

Le plan B serait d'avoir un financement d'un autre côté, qui pourrait être les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou d'autres pays, selon ses propos rapportés par la presse.

Le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Kotzias, a toutefois assuré que ces propos n'engageaient que M. Kammenos et que l'UE restait le partenaire favori de la Grèce.

(©AFP / 11 février 2015 15h11)